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23/02/2008
Samedi 23 février 2008
J’ai déjà dit plusieurs fois tout le bien que je pensais de ma mère. Inutile de me répéter. Elle m’annonçait justement hier qu’elle n’avait plus envie de me voir m’installer sur ses terres ! C’est pourtant elle qui me l’avait proposé. Je ne lui avais rien demandé, moi. Mais depuis cette proposition, qui n’est donc plus valable aujourd’hui, j’avais eu le temps de m’imaginer installé ailleurs qu’entre ces murs qui n’en sont pas vraiment et que j’aime de moins en moins. Or, comme si la Providence elle-même voulait m’assurer qu’en effet j’aurai de moins en moins de raisons d’aimer ces murs entre lesquels je suis condamné à demeurer, de l’eau s’est mise à couler du plafond, cet après-midi, de part et d’autre du mur qui sépare le salon de la chambre, entre deux poutres apparentes (oui, apparentes, en plus…). Cela venait de chez mon voisin, le fou, qui avait décidé de laver son appartement à grande eau, ai-je pu constater tout à l’heure en montant chez lui qui baignait dans un bon centimètre de bouillon jaunasse. J’avais l’impression que c’était du jus de cet être répugnant qui s’écoulait chez moi ! Et pendant que j’écris ces lignes, c’est le bruit de mes autres voisins, les asiatiques, les jeunes, qui passe à travers les murs. C’est ce qui me fait dire que ces murs n’en sont pas vraiment : ils laissent tout passer à travers eux. N’ayant donc pas de vrais murs, je ne me sens pas vraiment chez moi. D’où mon désir de partir. Voir mon voisin fou s’inonder tout seul était comme la confirmation que le danger est bien réel de le voir mettre un jour le feu à l’immeuble. Car la fumée ne lui sort pas que par les oreilles, mais aussi par la bouche et le nez : c’est un très gros fumeur. (Ai-je dit que l’odeur de ses cigarettes et des pétards des jeunes passait elle aussi à travers les murs ?)
23:55 Publié dans 2008, Journal | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Commentaires
D'un autre côté, s'il arrose à grande eau, c'est peut-être justement pour éviter de foutre le feu : accordons-lui le bénéfice du doute...
Ecrit par : Didier Goux | 24/02/2008
Nous sommes perdus de toutes façons, enlevez-nous aussi le bénéfice du doute !
Ecrit par : iPidiblue châtié mais pas châtré | 24/02/2008
Ce n'est pas un mur, mais un rideau de douche.
Ecrit par : Raphaël Juldé, fin observateur | 29/02/2008
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