17/02/2008

Samedi 16 février 2008

            Je me suis probablement enrhumé à Biarritz, où j’ai dû subir Hugo, le fils du fiancé, toute la journée. Comment se fait-il que je n’aime pas les petits enfants, ces êtres mignons et sales, alors que j’aime tant les petits chiens ? Hier soir, pendant le coup de téléphone d’Yvain, mon Lyonnais, qui avait la voix plus lente et comme éteinte, je me suis surpris à craindre qu’il ne m’annonce que sa venue était annulée, ce qui va à l’encontre de mes principes, qui sont de ne rien désirer, mais de prendre les choses et surtout les êtres comme ils viennent. En réalité, s’il ne parlait pas comme d’habitude, c’est parce qu’il était fatigué, m’a-t-il dit. Il téléphonait pour me dire qu’il avait reporté son rendez-vous chez le dentiste. Je me suis dit qu’il était probablement encore en train de me mentir et que c’était précisément à cause de l’anesthésie que sa voix semblait endormie. Je vis sans doute les derniers plus beaux jours avec Yvain. Pour l’instant, il n’est pour moi qu’une très belle voix de garçon, qui me fait rêver à l’idée de garçon. Quand je l’aurai vu de mes yeux, il est fort à craindre que mon espèce d’enthousiasme ne retombe. Il me semble que je suis bien plus sensible à la beauté physique que morale (la beauté intérieure, comme on dit) et s’il m’arrive de fréquenter des garçons quelconques ou laids, c’est à cause de la règle de vie que je disais tout à l’heure, qui me fait prendre les êtres comme ils se trouvent. Je pressens qu’Yvain sera pour moi comme un de ces attendrissants petits chiens bâtards. On peut avoir beaucoup d’amour pour eux, mais il n’est pas possible d’en être fier, parce qu’il n’ont pas la beauté des chiens de race. La race, c’est l’idée de chien. C’est une forme parfaite, dont approche seulement l’individu. En ce sens, même un beau garçon, c’est-à-dire un garçon qui ressemble fort à l’idée que je me fais du garçon idéal, risque de me décevoir assez rapidement. Très vite, je ne verrai que ce qui, en lui, ne correspond pas à l’idée que je me fais du garçon ‘‘parfait’’. Tout cela est compliqué par le fait que le garçon idéal est un être imparfait, justement, et d’abord inachevé, puisque il est un homme en devenir. Le garçon est un être éphémère, transitoire, impur (enfant, adolescent et homme), dont la pureté est la fragilité, le vacillement, la disparition. L’amour des garçons est un amour tragique : on aime un être condamné à se dégrader et disparaître en soi, en un soi épaissi, empâté, enlaidi. Le garçon est un petit dieu, juste avant que ne se referme sur lui le corps d’un silène. C’est un ange sur le point de déchoir. Puisque garçon ne dure, son amour est butinage : à terme, c’est son idée qu’on aime, c’est-à-dire la mort. Aimer les garçons, c’est aimer ce qui ne peut exister, qui hésite entre la vie et la mort, qui oscille entre sa rencontre et sa disparition. Un garçon, c’est Adonis et son corps un jardin d’Adonis, qu’une semaine livre aux flots.

Commentaires

Et un beau garçon muet cela t'exciterait ?

Ecrit par : iPidiblue et le grand prêtre qui demandait des dieux | 17/02/2008

il en a pas marre celui la de souiller 3000 blogs de ses minables petits commentaires qu'il est le seul à trouver très drôle ???

Ecrit par : Bibiblue | 17/02/2008

Pierre Driout est un peu le commentateur attitré de ce blogue. D'ailleurs, sa remarque est très bien vue. J'ai connu un bègue qui m'allait très bien (il parlait très peu) mais avec qui, pour des raisons indépendantes de nos volontés, ç'a n'a pas pu durer. Un muet me mettrait sûrement dans tous mes états, parce que je pourrais rêver à l'idée de sa voix.

Ecrit par : Olivier Bruley | 17/02/2008

Touché, coulé Bibiblue !

Ecrit par : iPidiblue et le Babyblue | 17/02/2008

Et vous croyez vraiment que c'est plus facile avec les filles ?

iDidiblue

Ecrit par : Didier Goux | 17/02/2008

Facile de quoi ? de les rendre muettes de plaisir ?

Ecrit par : iPidiblue pierrot l'indigne | 17/02/2008

J'oubliais en ce beau dimanche sarkozyste : Amen !

Ecrit par : iPidiblue au presbytère | 17/02/2008

L'amour avec une femme muette, la timidité me rendant moi-même aphone : se regarder l'un l'autre dans les yeux jusqu'à ce que nos chairs s'écroulent et que nos os tombent en poussière...

Ecrit par : Raphaël Juldé, eunuque romantique | 18/02/2008

Ô tu sais Raphaël même muette une femme arrivera toujours à s'exprimer par signes ou bien en faisant du bruit avec des casseroles ...

Ecrit par : iPidiblue dans le gynécée | 18/02/2008

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