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15/02/2008

Jeudi 14 février 2008

            Ah ! Que j’ai ri, tout à l’heure, au téléphone, avec Yvain, mon petit Lyonnais ! Je le laissais parler, parler, parler très vite, attendant patiemment qu’il se trahisse une fois de plus, pour en apprendre davantage sur lui, qui ment beaucoup, sans penser à mal, bien sûr, mais comme fait un garçon de dix-sept ans : c’est-à-dire comme il respire. (Avais-je dit qu’il n’avait que dix-sept ans, et non pas dix-neuf, comme il avait tenté de me faire croire ? (Si personne ne vient me traiter de pédophile dans les commentaires, c’est que l’audience de ce blogue est plus réduite encore que je ne croyais !)) Yvain doit venir passer ici trois jours, à partir de lundi : il arrivera par le train de dix heures et demie, le soir (c’est sa mère qui a payé le billet, prétend-il). Or il a rendez-vous demain matin chez le dentiste, qui doit lui arracher les dents de sagesse. « Es-tu conscient que ça ne tombe vraiment pas bien, cette opération ? Tu comptes donc venir faire avec moi des choses que la morale réprouve en ayant deux plaies béantes au fond de la bouche que fermeront à peine six points de suture ? – Oui, mais tu sais, je cicatrise vite. La dernière fois, le dentiste m’a retiré les points au bout de trois jours. – Oui, mais trois jours après ton opération, tu seras dans le train ! – Ah oui ! Tiens, c’est vrai… – Est-ce qu’il ne serait pas plus sage de reporter cette opération ? – Oui, peut-être, mais je ne sais pas si je vais avoir le temps, après (c’est un garçon très occupé). Et puis il faut que mes dents soient arrachées avant le mois de mars. – Avant le mois de mars ? Mais pourquoi donc avant mars ? (Je subodorais une nouvelle cachotterie !) – Parce que j’ai rendez-vous en mars chez l’orthodontiste, qui doit me poser un appareil sur la mâchoire du haut. – Quoi ? Un appareil ? Et voilà ! J’en étais sûr, tu me fais encore des cachotteries ! Tu vas porter un appareil ? – Mais non, je ne t’ai rien caché, puisque je n’en ai pas, pour l’instant, en haut… (c’est moi qui souligne) – Comment ça, tu n’en as pas en haut ? – Oui, justement, je t’en aurais parlé, tu sais… – Oh ! Non ! Tu as un appareil en bas ! C’est ça ? Et tu me le cachais ! – Mais non, j’allais te le dire, mais lundi, chez toi. – Evidemment… Mais dis-moi, tu es bien sûûûûr d’avoir dix-sept ans. Parce qu’à ton âge, moi, j’avais les dents redressées depuis déjà longtemps, vois-tu ! – Ah mais, Olivier, je te jure que j’ai bien dix-sept ans ! Ah ça, non, là-dessus, jamais plus je ne te mentirai. » Et je ne pouvais plus m’arrêter de rire. J’ai l’impression de retomber en enfance, à rire tellement de choses aussi bêtes. Est-ce une mauvaise influence d’Esteban ? Il me semble être déjà possédé du démon de midi ! Aussi bien, c’est un fugueur que je vais accueillir chez moi, lundi ! Et je vais découvrir qu’il pisse encore au lit ! Au même âge qu’Yvain, victime de l’arbitraire de ma Clytemnestre de mère, qui voulait me faire déjeuner à la cantine du lycée, j’avais dû tout abandonner et fuir pour Poitiers, à bicyclette, où, pensais-je, les moines de Saint-Martin de Ligugé me recueilleraient. Pourquoi donc Poitiers ? Sans doute à cause de sainte Radegonde, pour qui je m’étais découvert une éphémère passion. Pourquoi Ligugé ? Peut-être à cause des livres chez ma grand-mère, qui semblaient tous y avoir été imprimés ! De toute façon, je n’étais pas allé plus loin que Langon. Mais j’avais gagné : la cantine me fut épargnée.

Commentaires

Si tu as besoin d'un parapluie pour abriter tes amours n'hésite pas j'en ai un très grand ...

Ecrit par : iPidiblue et le pacs lyonnais | 15/02/2008

Yvain c'est le chevalier au Lion de Chrétien de Troyes ? Ou bien c'est parce ta famille est de la région que tu l'appelles ainsi ?
En tous cas méfie-toi, il commencera à te manger dans la main et ensuite à te la dévorer peut-être ...

Ecrit par : iPidiblue et le chevalier au Lyon | 15/02/2008

Dites donc, Pierre Driout, je vous croyais un (et même LE) lecteur attentif de ce blogue ! j'appelle Yvain ce garçon parce qu'il est de Lyon (et aussi parce que son véritable prénom commence comme finit mon nom : par un Y). Il est vrai que la famille de mon père vit à Troyes, mais même si elle avait été originaire de Sète ou, comme ma mère, des bords de la Douze (qui est une rivière landaise), c'est quand même ce nom que je lui aurais donné, je pense.

Ecrit par : Olivier Bruley | 15/02/2008

C'est quoi cette histoire de démon de midi? Il me semblait pourtant t'avoir déjà dit que le sexe m'ennuyait mortellement. C'était déjà vrai à vingt ans, alors imagine un peu maintenant! Je ne suis ni héterosexuel, ni homosexuel, je suis asexuel.Dans le cas contraire, je t'aurais abandonné dans ta sinistre ville dès le premier jour en constatant ton manque manifeste d'enthousiasme à mon égard.Qu'on se le dise!
Pour l'auteur de la lettre anonyme comme tu l'appelles j'ai l'impression que je me suis planté...

Ecrit par : don esteban | 16/02/2008

Le démon de midi, c'était pour te faire commenter, mon Esteban. Tu ne dis plus jamais rien. On croirait que c'est Pierre Driout, mon amoureux !

Ecrit par : Olivier Bruley | 16/02/2008

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