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25/01/2008

Jeudi 24 janvier 2008

            C’est sûrement Renaud Camus (mais je n’ai pas le courage de vérifier, ce soir), c’est sûrement Camus qui parle de « rêveries immobilières », probablement dans un tome de son journal. (Le lecteur attentif aura d’ailleurs sans doute remarqué que Renaud Camus est le seul auteur qu’on cite dans ce journal. C’est un mystère que je ne m’explique pas. S’il me vient une citation à l’esprit, même approximative, c’est donc nécessairement qu’elle est d’un livre de lui !) Depuis que ma mère m’a suggéré de vendre mon appartement et de faire construire un petit pavillon dans son jardin (pour avoir la paix), je n’arrive plus à me concentrer sur rien : le phantasme immobilier occupe toutes mes pensées. L’excitation est un peu la même que lorsque j’ai envie d’un garçon : je pense alors à ce garçon qui n’a pas encore de visage et qui pourrait être sans doute n’importe quel garçon. Eh bien je dessine déjà des plans en pensée, exactement comme lorsque je me demande quelle est la taille de la bite ou le son de la voix de l’internaute qui veut bien, et que j’attends ou chez qui je me rends. Je suis déjà occupé à placer mes livres dans les rayonnages appuyés à des murs qui n’existent toujours pas. Je l’avais déjà dit dans L’ordinaire et le propre des livres du blogue de Dominique Autié : les garçons sont des livres et les livres des pierres. Ils me causent la même excitation. Evidemment, ce n’est pas tout à fait des pierres que je vais élever dans le jardin de ma mère. On est donc très loin des vieilles pierres évoquées dans Hic est locus patriæ ! Il s’agira plutôt de parpaings, c’est-à-dire de cette camelote dont se recouvre le monde. Pour la première fois de ma vie, peut-être, je vais ajouter de la laideur à la laideur. J’ai rendez-vous demain matin avec un agent immobilier pour l’estimation de mon appartement. La réalisation de ce petit rêve immobilier devait surtout m’aider à me distraire un peu de l’attente où je suis d’Esteban, attente de plus en plus longue et triste. Mais je me rends compte que j’ai redoublé ce que je voulais atténuer. Je suis en effet désormais dans l’attente et d’Esteban et de mes nouveaux murs. « Mais la maison est peut-être une valeur plus sûre », me dit Esteban. « Allez, mon Esteban ! Tu sais bien que tu as de la valeur, toi aussi ! » Valeur d’Esteban : Tout ce qui est rare est cher. Personne ne m’aime, sauf Esteban. Il m’est donc cher.

Commentaires

Quel moment de grâce ! N'y touchons pas ...

Ecrit par : iPidiblue ne fait que passer | 25/01/2008

Chut ! chut ! les souris dansent ...

Ecrit par : iPidiblue sur parole | 25/01/2008

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