09/01/2008
Mardi 8 janvier 2008
Paroles énigmatiques de don Esteban, hier soir, sur MSN, qui me disait qu’il avait compris bien des choses en lisant mon blogue, ces derniers jours. Quelles choses ? Je ne sais, mais sans doute rien de bon, car il n’ajouta pas un mot, et finit par se déconnecter (le téléphone lui avait peut-être été finalement coupé !). Pas d’autres nouvelles de lui depuis lors. Je ne vois absolument pas ce que j’ai pu dire ou rapporter de blessant. Il ne peut s’agir de mes quelques aventures ‘‘extraconjugales’’, puisqu’elles me sont permises, tant qu’elles ne sont pas clandestines. (« […] on a beaucoup discuté, pendant mon voyage en Corée, de mon éventuelle cruauté ou de celle du journal », écrit Renaud Camus, page 279 de Corée l’absente. C’est peut-être ma cruauté que ne supporte plus Esteban. Lorsque je relis, après quelque temps, des pages de ce journal, ce qui me saute aux yeux, outre qu’il faudrait les retravailler encore (publiées dès qu’écrites, elles ne forment pas une œuvre, mais un premier état d’une œuvre possible qui, probablement, n’existera pourtant pas ailleurs ni autrement qu’ici ; l’œuvre est parfaite pour les livres : Internet a des œuvres à l’état virtuel (exception : Vaisseaux Brûlés ?)), c’est le plaisir avec lequel je me fais voir sous mon plus mauvais jour, qui est tout de cruauté. J’ai toujours été cruel avec ceux qui m’aimaient : cousins, sœur, amants, amis, même ; et certaines bêtes, dans l’enfance. La cruauté m’est si naturelle que, souvent, sur le moment, je n’en ai pas la moindre conscience.) Laurence me disait dimanche que son père, en lançant une requête sur son hôtel dans quelque moteur de recherche, avait trouvé mon blogue, dont il a lu une partie. Je me rappelle avoir évoqué cet hôtel à l’occasion de ma rencontre avec l’adorable petit bègue. (Après relecture de la page, dans ce blogue, sur le bègue, je ne retrouve pas trace du nom de l’hôtel. Etrange.) Comme je vivais encore chez ma mère, à l’époque, et que je ne fais pas subir à cette digne femme toutes les personnes qui passent par ma couche, contrairement à ma sœur, j’avais passé la nuit avec ce garçon dans une chambre de l’hôtel en question. La mère de Laurence, à qui j’avais raconté, le matin, que j’étais trop soûl la veille pour rentrer chez moi ou que j’avais perdu les clefs de la maison, ne m’avait pas fait payer la chambre. J’ai tendance à oublier que les gens qui me connaissent peuvent me lire aussi. Qui sait s’ils ne sont pas plus nombreux que je ne crois à le faire sans me le dire ? Sans doute me sentirai-je extrêmement gêné la prochaine fois que je verrai le père de Laurence. J’ai remarqué qu’avaient été retirés de la page Nouveautés de la Société des lecteurs de Renaud Camus certains liens menant aux articles de ce blogue où figure le nom de l’auteur éponyme. D’autres ont été conservés. Celui menant à la page où je parle de la photographie que j’ai faite du reflet de mon corps dans la vitre du tableau de Marcheschi, à la manière de certains autoportraits de Camus, n’a pas été effacé, par exemple. Je ne sais qui décide, ni selon quels critères, d’effacer lesdits liens. Il est vrai que, le plus souvent, je ne cite le nom de Camus qu’en passant, sans réellement traiter de lui ou de son œuvre, comme par exemple jeudi dernier, où je l’évoquais en parlant d’horaires de trains dans un article où il ne fut question que de Christophe, de mes commérages avec lui, de mon désir et de ma peine pour lui. Sans doute suis-je donc souvent hors sujet. Mais un article de mon autre blogue, dans lequel j’invitais les membres du site de pédés habituel à lire le dernier éditorial de Camus paru sur le site du parti de l’In-nocence, traitant de La Grande Déculturation, et qui, me semble-t-il, montrait (mon article), certes un peu rapidement, des préoccupations on ne peut plus rinaldo-camusiennes, n’a pas été jugé digne non plus de la page Nouveautés du site de la Société des lecteurs. Je ne sais si le même sort est réservé à d’autres blogueurs. On entend souvent dire qu’Internet est le lieu de beaucoup de bruit pour rien, d’un bavardage incessant. C’est aussi celui de silences, de ces trois sortes de silences au moins.
02:55 Publié dans 2008, Journal | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
Commentaires
Bah, depuis le temps que je te lis, je me demande vraiment (IL va encore me détester un peu plus) si tu attends pour de vrai ce bien improbable pactole que tu ne verras...jamais ? Ca ressemble à du "si, si, je vais quitter ma femme pour toi, un jour".
Ecrit par : Ron | 09/01/2008
Tiens ! Heureusement que tu me signales ton blog sur gayattitude je n'en étais pas encore assidu !
Ta réponse à Renaud Camus est excellente, je comprends que tu te sois fait bannir par lui ou ses amis ! C'est celle de Gide à Barrès : né à Paris d'un père uzétien et d'une mère normande, où voulez-vous monsieur Barrès que je m'enracine ?
Les propos de l'auteur RC n'ont ni queue ni tête, mais il en a l'air très satisfait ! Enfin il faut de tout pour faire de la littérature ...
Ecrit par : iPidiblue et les francofolies | 09/01/2008
La citation complète est encore plus drôle : "Né à Paris, d’un père uzétien et d’une mère normande, où voulez-vous, monsieur Barrès, que je m’enracine? J’ai donc pris le parti de voyager."
Tu vois Andé Gide t'encourage à aller voir ailleurs si tu y es ... va donc faire une petite visite de courtoisie à Don Esteban et tu le salueras bien de ma part car il est très méritant !
Ecrit par : ïPidiblue encourage aux voyages | 09/01/2008
Olivier, je crois qu'il ne faut pas faire de paranoïa, à propos de la rubrique "Nouveautés" de la SLRC : ce sont des moteurs de recherches qui détectent automatiquement et ils ne m'ont pas l'air très au point. Ainsi, il m'est souvent arrivé, la semaine dernière encore, qu'un message de blog où je parlais de RC apparaisse, puis disparaisse au bout de deux jours, alors qu'un autre, ni plus ni moins anodin s'y trouve toujours. J'en ai même eu qui disparaissaient, pour réapparaître quelques jours plus tard, sans que je susse (pas pu m'en empêcher) pourquoi.
Pour le reste, je crois que c'est moins l'auto-cruauté qui vous caractérise que la complaisance dans l'auto-cruauté, pour ne pas dire de fatuité.
Ecrit par : Didier Goux | 09/01/2008
Ah ça, Ron, si don Esteban te lit, il risque d'être légèrement contrarié... Ce que j'aurais à dire pour sa défense pourrait faire l'objet d'un nouvel article, mais pas ce soir, parce que je suis en galante compagnie.
Cher Pierre, quant à moi, je trouve que l'oeuvre de Renaud Camus est une des plus cohérentes qui soit, mais aussi des plus conscientes des incohérences (pour parler vite) qu'elle peut receler. Cela dit, comme je sais que c'est un peu votre marotte de vous moquer de Camus et de ses sociétaires, je ne voudrais pas gâcher votre plaisir...
Didier, voyons, vous me dites que des robots gouvernent le site de la Société des lecteurs de Renaud Camus, et vous voudriez que je ne sois pas paranoïaque ? D'ailleurs, à tout prendre, j'aime mieux passer pour un paranoïaque que pour un fat, ce que je suis, certes, ''mais bon''...
Je n'en dis pas plus, on m'attend. Adieu donc, Messieurs, jusqu'au revoir.
Ecrit par : Olivier Bruley | 09/01/2008
Ron m'a l'air d'être un de ces typiques représentants de la gay attitude, totalement infatué de sa petite personne. Ce qui l'étonne dans notre relation n'a rien à voir avec un éventuel pactole, mais simplement le fait que je sois quiquagénaire, race particulièrement honnie dans ce malsain microcosme. Si, d'aventure, il m'arrivait de tomber malade, je n'aimerais pas tomber entre ses mains. D'ailleurs les récits (piètrement écrits) de ses exploits médicaux montrent une absence totale de sympathie pour tout humain (mais le considère-t-il encore comme tel ?) qui a dépassé la trentaine.
Ensuite, sachez, monsieur le donneur de leçons, qu'il ne s'est jamais agi d'un quelconque pactole, mais simplement de la réalisation de la vente (j'ai assez d'expérience pour savoir qu'on ne vit pas que d'amour et d'eau fraiche) d'un bien immobilier dont je ne suis pas le seul propriétaire ce qui (les victimes de l'indivis me comprendront) occasionne moultes désagréments. Rajoutez à cela une législation tatillone en matière de permis de construire, des écolos hystériques et l'on a tous les ingrédients pour un interminable feuilleton. Olivier, que je sache, est au courrant et cela fait longtemps que je lui ai rendu sa liberté, si tant est que je la lui aie jamais prise. Il peut même convoler avec vous si ça lui chante, vous feriez un très beau couple: Cosette et la Tenardier!
Bon, je crois que ça doit être à peu près tout.
Ah, oui, monsieur Ron....Je vous EMMERDE!!!!!!!!!!!!!!!!!
Ecrit par : don Esteban et la mouche du coche | 10/01/2008
Je confirme les dires de Didier Goux: les nouveautés sont gougeulisées et la liste fluctuante, du fait de filtres installés pour empêcher que Google ne référence le site de la SLRC lui-même quand il cite des blogs dans une boucle infernale (ça s'est déjà produit).
Concernant Ron, et pour rire (je préfère le préciser (mais le rire et le mien, et cette blague recèle bien des méandres), ce lien : http://www.coquecigrue.net/2007/12/31/laffaire-ron-linfirmier/
Ecrit par : VS | 10/01/2008
Fatuité était trop fort : je le retire... et garde complaisance.
Ecrit par : Didier Goux | 10/01/2008
Et cette soirée alors, toi aussi tu as fait catleya ?
Ecrit par : iPidiblue et la fièvre du mercredi soir | 10/01/2008
Je l'avais bien dit qu'Esteban serait furieux... Quand il écrit quelque chose comme "Cosette et la Ténardier", c'est que sa fureur est vraiment très grande. Je vais encore devoir trouver des trésors d'ingéniosité pour apaiser sa colère. Mais cela risque d'être vraiment difficile : quand il commence à parler de son âge, il devient impossible à raisonner. Son âge l'obsède. Ou plutôt, il est obsédé par la pensée que son âge nous obsède, ce qui est faux, bien sûr, mais il ne veut pas l'entendre...
Ecrit par : Olivier Bruley | 10/01/2008
Moi, je le comprends, don Esteban (à propos de son âge qui est aussi le mien). Mais, Olivier, vous avez raison, sans doute, de dire que nous sommes obsédés (le mot est peut-être un peu fort) par la pensée que notre âge vous obsède.
Raison de façon seulement partielle, cependant. Ou plutôt, il s'agit d'une raison à deux faces et vous ne pouvez en voir qu'une : nous, l'autre. L'autre, c'est que, sans être gênés par notre âge, les gens nettement plus jeunes que nous ne cessent de nous le remettre sous les yeux, sans même s'en apercevoir, et, je pense, sans pouvoir faire autrement.
L'esprit, l'intelligence, les désirs d'un quinquagénaire n'ont pas cinquante ans et ne les auront jamais, y compris quand il aura basculé dans la soixantaine. En revanche, la façon dont une personne de 25 ou 30 ans va s'adresser à lui le replongera immanquablement dans son âge réel, son âge "d'État-Civil".
Je me souviens de cette jeune Allemande, fort agréable à regarder et à fréquenter, qui m'appréciait elle aussi beaucoup et qui, après quelques jours, m'a dit, avec un adorable sourire et un soupçon d'admiration dans le regard : "J'aurais vraiment adoré avoir un père comme vous !". C'était une gentillesse d'une implacable cruauté.
C'est sans doute pour cette raison (j'y pense à l'instant, en écrivant) que, depuis quelques années, je me suis mis à voussoyer systématiquement les femmes nettement plus jeunes que moi : pour éviter de les voir prendre l'initiative de ce voussoiement. De toute façon, si l'une d'elle adopte d'emblée le tutoiement, c'est encore pis : on se retrouve affublé des dentelles et des poudres du vieux beau (ou du vieux moche, mais ça ne change rien), ce qui est une façon de nous vieillir davantage.
Bref, je ne sais absolument plus pourquoi je me suis lancé dans ces explications filandreuses. Disons que c'était un long préambule avant de vous souhaiter une année 2008 aussi agréable que possible, à don Esteban et à vous.
Ecrit par : Didier Goux | 10/01/2008
Ne soyons pas filandreux, bon catleya à Didier aussi !
Ecrit par : iPidiblue et la sieste crapuleuse | 10/01/2008
Catleya ? Trop fatigant ! Entrouvrir les pétales, débusquer le pistil, tout ça...
(Du reste, Proust écrit "cattleya" si je me souviens bien : soyons snobs, bon sang de bois !)
Ecrit par : Didier Goux | 10/01/2008
Dis donc mon tout petit, tu vas voir cher Brighelli ce sont tous des profs archi-diplômés en tête et ils écrivent pareil que moi donc tes orchidées de snob avec deux t tu te les fous où je pense ! Sinon tu retournes voir la société des lecteurs de RC et on n'en parle plus de tes amours avec Gérald et Jardiné !
Ecrit par : iPidiblue non mais sans blague ! | 10/01/2008
Pierre, vous n'avez pas dû faire cat(t)leya depuis trop longtemps pour vous montrer si agressif !
Ecrit par : Olivier Bruley | 10/01/2008
Didier et moi on est au point mort mais méfie-toi Olivier à force de te vanter il va finir par t'arriver des anicroches !
Ecrit par : iPidiblue et le double crochet du gaucher | 10/01/2008
Mais non, on ne s'est pas compris ! Catleya s'écrit bien avec un seul t, MAIS Proust, lui, en met deux. (Et moi aussi, j't'en mets deux, si tu m'cherches...)
Ecrit par : Didier Goux | 10/01/2008
On fait catleya avec un thé ou deux thés selon son appétit, eh les bizus !
Ecrit par : iPidiblue et la clef du catleya | 10/01/2008
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