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19/10/2007

Jeudi 18 octobre 2007

            Deux labradors noirs ont attaqué Pélagie. Celle-ci, qui a toujours été comédienne, et même un peu tragédienne, a hurlé d’une façon déchirante pendant toute l’attaque, qui n’en était pas vraiment une, puisqu’il y a eu beaucoup plus de peur que de mal : ils avaient fait d’elle leur jouet, non pas leur proie. Jamais je ne l’avais entendue crier si fort et si longtemps : même quand les deux bêtes ne la mordaient pas ni ne la piétinaient plus et qu’elle avait réussi un instant à leur échapper, elle ne cessait de pousser des cris déchirants. J’en fus profondément troublé, parce que la voix de ma chienne avait pris un accent incroyablement humain. On eût dit qu’elle voulait alerter la terre entière et jusqu’au Créateur qu’elle était peut-être en train de mourir, qu’il était trop tôt, qu’elle était trop jeune, que c’était injuste, qu’elle n’avait rien fait pour mériter si cruelle fin, que même sa vie de chienne avait de la valeur et méritait d’être vécue. Les chiens ont fini par s’arrêter, quand furent intervenus des maîtres qui avaient le plus grand mal à se faire obéir de ces maudites bêtes qu’ils ne tenaient pourtant pas en laisse. Après être resté longtemps à caresser la pauvre Pélagie apeurée et trempée de la salive de ses ‘‘assassins’’, mais fort heureusement sauve, je fus bouleversé de la voir se libérer entièrement de mon emprise habituelle, et, sans ma permission, s’éloigner de moi qui voulais rester encore un peu. J’avais beau l’appeler sévèrement, elle se retournait et me regardait dans les yeux, aussi résolue qu’une Antigone, puis reprenait sa route : sans toutefois courir (ce n’était plus le temps de la peur panique), elle avançait d’un pas invraisemblablement décidé dans la direction opposée à celle qu’avaient prise les deux labradors, vers ce qui devait lui paraître alors le seul salut possible pour elle : non plus moi, mais le lieu d’où nous venions.

Commentaires

Je crois que ces petits clebs sont les pires. Qué cabotins !

Ecrit par : Ron | 21/10/2007

pour ma part, je ne crois pas, non :-) j'ai justement comme compagnon un de ces "petits clebs" comme on ose les traiter plus haut, et il arrive également à mon adorable labrador noir d'aller gentiment faire la bise à de petits chiens un poil excessifs... (pardonne moi Pélagie). Certes le rappel des maitres des chiens qu'a rencontré Olivier est un peu à remettre en question, mais permettez-moi de souligner avec insistance la vague d'amour qui déboule toujours en même temps que ces animaux exceptionnels. Olivier, Dieu sait si je t'aime bien, mais tu ne voudrais pas essayer de "désensibiliser" ton petit chien ? C'est assez classique comme réaction chez ceux qui sont privés de contacts avec leurs congénères surt le long terme : ils perdent les codes des relations sociales normales (pour sombrer dans l'excès...) Je te conseille de lui trouver une sorte de meilleur ami, de préférence à sa taille, afin de lui réapprendre à communiquer, puis un autre, et un autre, et ainsi de suite, elle ne s'en portera que mieux :-) Alors oui, j'accorde que son problème n'est pas dramatique, mais je tiens à faire remarquer qu'il ne l'est pas en grande partie parce que c'est un petit chien ; imaginez le même comportement de la part d'un rottweiler !!! Je conclurais par une dernière remarque, un théorème quasiment : "les petits chiens sont les plus mal éduqués, et ce parce que la répercussion est nettement moindre, mais on les aime bien quand même"

PS : mon labrador noir va tres bien, merci

Ecrit par : david | 21/10/2007

Cher David, il me semble que c'est justement Pélagie que Ron appelait un "petit clebs". Je me suis sans doute mal fait comprendre en disant que Pélagie était comédienne, et même tragédienne. Elle l'est en effet, mais comme la plupart des chiens de sa race, et c'est précisément parce qu'elle est un petit chien (et d'une race capricieuse et caractérielle) que je me suis évertué à lui donner une éducation aussi soignée que possible. Il n'y a pas plus obéissant et plus sociable que Pélagie. C'est bien simple, elle a plus de fréquentations canines que moi d'humaines ! Elle est très liée avec la chienne de ma mère ainsi qu'avec celle de deux amies de ma mère, avec qui elle peut jouer pendant des après-midi entiers. Quelques heures avant de rencontrer ces deux labradors, elle avait joué avec toute une meute de petits chiens (ils sont cinq) que nous croisons souvent au début de l'un de nos parcours. Dans la rue où j'habite, nous croisons souvent les deux chiens d'une vieille dame à qui elle va toujours "dire un petit bonjour", et, plus généralement, chaque fois que nous tombons sur des chiens dans la rue, je m'arrange pour que Pélagie puisse aller les "saluer", si le maître de l'autre bête est d'accord. Récemment encore, elle a fait une bonne partie de l'une de nos promenades en compagnie d'un chien qu'elle ne connaissait jusque là ni d'Eve ni d'Adam. La maîtresse de ce dernier chien, que nous avons croisée peu après "l'agression" m'a dit qu'elle connaissait ces deux labradors, que l'un deux était particulièrement brutal et que son propre chien avait eu maille à partir avec lui. Bref, en l'occurrence, c'étaient bien les labradors (un, surtout) qui s'étaient mal comportés et la peur de Pélagie n'était pas jouée, mais sincère. Cela dit, je sais bien que la plupart des labradors sont des chiens très aimables, ce que disant, je me rappelle à l'instant que Pélagie est également très liée à un labrador femelle du nom de Devon, dont la maîtresse, Siobhan, une Anglaise, a déjà été évoquée dans ce journal.

Ecrit par : Olivier Bruley | 22/10/2007

Tout est détraqué ! C'est la faute du réchauffement climatique ...

Ecrit par : iPidiblue écoute les informations | 22/10/2007

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