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07/10/2007
Samedi 6 octobre 2007
Promenant avec Pélagie, tout à l’heure, le long de la Midouze, j’ai vu passer un bel échassier à quelques mètres de moi, non pas un berger d’autrefois, mais un grand oiseau gris, qui ressemblait fort à une grue cendrée. Prisonnière de la voûte que forment les arbres au-dessus de l’eau, elle remontait majestueusement le cours de la rivière. Ce n’est pourtant pas encore la saison et elle était bien seule, pour un oiseau qui n’est pas solitaire, à ce que je crois savoir. Il est vrai que mes connaissances ornithologiques sont des plus rudimentaires et qu’il est fort possible que j’aie mal identifié l’animal… C’est l’un de mes correspondants qui m’a donné l’idée de ces promenades. Comme il me trouvait mal heureux (que j’écris intentionnellement en deux mots), il m’a conseillé, pour améliorer mon état, d’être plus attentif aux petites et grandes choses de la nature. Pourtant, malgré les accès de désespoir dont je parlais l’autre jour, il y longtemps que je me considère comme un homme heureux. Tout mon malheur, si j’ose dire, est de l’être mal, car je suis heureux comme le sont les dilettantes (mot d’une grande justesse qu’a trouvé don Esteban pour me définir). Le bonheur des dilettantes est un bonheur superficiel, c’est-à-dire sans épaisseur, sans profondeur. Or sa propre inconsistance devient, avec le temps, comme une douleur lancinante. Je ne sais pourquoi mes promenades ou la surprise de cette grue me ravivent : elles me redonnent du corps, me rendent (à) ma chair.
01:28 Publié dans 2007, Journal | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
Est-ce le même genre que celui-ci ?http://laphotodujour.hautetfort.com/archive/2006/08/15/heron-cendre.html
Oui, il faut arriver à puiser dans la nature des moments de bien-être... Se mettre en situation de contemplation ? Facile à dire, pas évident à pratiquer ! Tous les sens doivent être en action, la vue, l'ouie, l'odorat, le toucher...Mais il faut alors faire abstraction de tout ce qui nous entoure ( les gens qui passent, le bruit des voitures, les odeurs nauséabondes de la ville ).
Ecrit par : tinou | 07/10/2007
Non, l'oiseau était plus gris que cela (et entièrement gris, même le cou) et il n'avait pas cette espèce de huppe noire.
Ecrit par : Olivier Bruley | 07/10/2007
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