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16/08/2007
Mercredi 15 août 2007
Dure journée pour la chienne Pélagie. Nous étions tranquillement installés au bord de la piscine, elle et moi, en train de profiter du trop rare soleil de cet été, quand est arrivée ma sœur, accompagnée de son nouvel ami et du jeune fils de ce dernier, bruyante petite créature de trois ans et demi, qui passa l’après-midi à courir, sauter dans l’eau ou crier, et, bien sûr, à chercher, entre temps, à jouer de mauvais tours aux chiennes. Pélagie, qui déteste les enfants, qu’elle fuit comme la peste, passait son temps, la queue entre les pattes, à surveiller celui-là, soucieuse qu’elle était de garder ses distances. Pendant ce temps, ma mère, ma sœur et l’ami parlaient de tout et de rien, c’est-à-dire surtout de rien, sans qu’aucun, je le voyais bien, ne surveillât réellement l’enfant, qu’on affectait de croire en sécurité, j’imagine, avec ses espèces de brassards gonflables autour des bras. Réfugié un peu à l’écart, au fond du jardin (non sans m’être d’abord brièvement joint à l’inepte conversation, afin de tenir un court instant mon rang d’animal policé, sociable et parlant), moi aussi, j’affectais de croire l’enfant en sécurité (pour ne pas avoir à garder un œil sur lui, car j’étais justement celui qui se trouvait le plus près du bassin) et bouillais intérieurement de l’inconscience des autres, qui faisaient comme s’ils ne savaient pas que toutes les conditions étaient réunies pour la noyade : des adultes tout près mais regardant ailleurs et un enfant sommairement équipé de flotteurs ! De mon côté, je me trouvais trop conscient de choses que j’estime ne me concerner en rien et tâchais de me rendre indifférent au danger que courait cet enfant qui n’était pas le mien. La tâche était loin d’être aisée, avec tout le bruit qu’il faisait ! D’ailleurs, c’étaient ses silences qui, bien malgré moi, m’effrayaient le plus, car il paraît que les petits noyés meurent sans un bruit. Où se réfugier, si le monde pénètre jusque chez soi ?
01:45 Publié dans 2007, Journal | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
Commentaires
Bon ! On le noie quand ce petit emmerdeur ?
Ecrit par : iPidiblue pas mouillé du tout | 16/08/2007
Une chienne qui déteste les enfants ne peut pas être un méchant homme. Ni, par voie de conséquence, la chienne d'un mauvais maître.
Mumtaz – qui n'a jamais vu un enfant vivant – est, en tant que chatte, plus sage encore : elle déteste tout inconnu(e), en qui elle pressent, je suppose, un parent potentiel de bébé hurleur.
Honneur à Pélagie !
Ecrit par : Dominique Autié | 16/08/2007
Et honneur à Mumtaz !
Ecrit par : Olivier Bruley | 17/08/2007
les choses ne me concernAIENT
sinon, un gros calin à Pélagie.
Ecrit par : sachou | 18/08/2007
Non : concernER.
Ecrit par : Olivier Bruley | 18/08/2007
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