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03/08/2007

Jeudi 2 août 2007

            Les fêtes de la Madeleine sont terminées depuis une semaine déjà, mais je suis toujours installé chez ma mère. J’ai d’abord attendu de voir si celle-ci finirait par se rappeler que, ne vivant plus chez elle depuis belle lurette, je n’étais revenu que le temps de ces fêtes, qui rendent chaque année mon appartement et ses environs invivables, à cause des troubles qu’elles occasionnent, mais en vain : c’était comme si ma mère était revenue trois ans en arrière et que je n’étais jamais parti. J’ai déjà dit que la santé mentale de ma mère m’inquiétait beaucoup. Comme je lui faisais finalement remarquer qu’elle semblait ne pas se rendre compte que, lesdites fêtes étant terminées, plus rien ne m’empêchait de rentrer chez moi, elle m’a dit que je pouvais rester plus longtemps, si je le voulais. Je partirai donc demain, ou peut-être dimanche. Je me repose de mes voisins : personne au-dessus de ma tête ! Pendant tout le temps que j’ai passé ici, pas une fois je n’ai joué du piano. J’ai changé. Je ne suis plus le même, définitivement, et quand je repense à tout ce qu’était pour moi le piano, je me dis même que je ne suis plus moi… Un jour, quand nous nous serons installés aux Canaries, Esteban et moi, je n’aurai même plus à me dire que je n’aurai pas joué du piano pendant tellement de temps, parce qu’il n’y aura très probablement pas de piano dans la maison. Bien sûr, il y a déjà longtemps que je considère que je ne joue plus vraiment du piano. Mais entre le moment où l’on s’avoue qu’on ne joue plus vraiment du piano et celui où l’on s’aperçoit qu’on n’en joue vraiment plus du tout, il peut y avoir plusieurs années, plusieurs histoires d’amour, plusieurs morts, un nouveau chien dans sa vie… (Mais je me rends compte que cette espèce de vérité générale que je prétends dire est bien loin d’en être une : quand on a appris le piano, il n’y a aucune raison d’arrêter. C’est parce que je me suis laissé glisser le long de ma plus mauvaise pente, qui est de me laisser mourir, que j’ai arrêté de jouer du piano, avec le temps. Ce n’est pas tant que je suis devenu un autre : c’est tout une part de moi qui a cessé d’être. Et s’il n’y avait que le piano ! Mais j’ai également cessé d’aimer.)

Commentaires

"Les Canaries" c'est une maison de retraite ?

Ecrit par : iPidiblue joyeux pinson | 03/08/2007

Ne parlez pas de maison de retraite, malheureux : don Esteban est très complexé par son âge !

Ecrit par : Olivier Bruley | 04/08/2007

Pas complexé, Olivier, juste terriblement...emmerdé!

Ecrit par : don esteban | 13/08/2007

Montois haïssant fêtes de la Madeleine cherche désespérément piano d'ancienne vie pour échapper bandas et Vino Griego. Ecrire au blog qui fera suivre.

{ idem --- Dacquois haïssant ferias etc. }

Ecrit par : Guillaume Cingal | 30/08/2007

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