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25/07/2007
Mardi 24 juillet 2007
Ce soir, à la corrida, la dame qui était assise à ma droite avait mangé de l’ail. (Juan Bautista, qui a coupé une oreille ; Sébastien Castella, qui, sortant sous les sifflets, a donné un grand coup de pied dans l’un des coussins aux armes de la ville qu’on jette sur la piste après la course ; et César Jiménez, que j’avais déjà vu le 23 juillet 2003 et qui est devenu un bien beau jeune homme. On dirait un infant. Paso-doble portant son nom.)
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22/07/2007
Samedi 21 juillet 2007
Souvent, en relisant ces pages, je me fais honte. Cet après-midi, je suis retourné dans le supermarché où nous étions allés hier, ma sœur et moi, pour savoir à quel prix elle pourrait acheter un nouvel ordinateur portable. Je devais échanger la machine qu’elle avait achetée ce matin même et qui était défectueuse. De son côté, ma sœur était restée chez ma mère, où elle avait à contenir la crise d’hystérie que faisait monter en elle la contrariété. Le garçon qui lui avait vendu l’objet, une connaissance à elle, du nom d’Aurélian, est fort agréable à regarder, avec de très jolis cheveux, et très bien coupés. Je l’avais déjà remarqué il y a une quinzaine de jours, en venant acheter un cadeau d’anniversaire à ma sœur, qu’il m’avait vendu. Ce serait un ami de Matio, me dit Julie. Cette nuit, après mon journal, entre Mont-de-Marsan et Dax (où m’attendait un très joli petit mignon de dix-neuf ans à peine, exactement comme je les aime : le corps d’un roseau, la tête d’un moineau), à quelques kilomètres d’intervalle, deux biches étaient mortes sur la route. Le garçon voulait être payé (par fantasme, disait-il, mais c’était plus probablement sa façon de trouver un peu d’argent de poche. Il faut dire qu’il avait l’air d’être livré à lui-même. Ses parents sont divorcés. La maison de Dax n’est qu’un pied à terre de la mère, qui est le plus souvent à Nice (« Ah ? J’ai une sœur qui vit à Nice elle aussi », ai-je fait remarquer.) Il a tout de même un frère de seize ans pour lui tenir compagnie, qui dormait à l’étage, pendant nos ébats, et qu’il ne fallait pas réveiller.). Comme j’ai toujours eu de mon côté le désir de payer un inconnu que je puisse baiser comme je veux, j’ai profité de ce que ma bourse n’est pas tout à fait vide en ce moment pour réaliser ce fantasme qui n’en était sans doute pas vraiment un, puisque, paraît-il, le propre du fantasme est de ne jamais devenir réalité. Il ne m’a pas semblé que l’argent changeait grand-chose à l’affaire, du moins de mon point de vue ; du sien, peut-être… Au moment de quitter ce drôle de petit oiseau, sortant par la fenêtre du salon, où nous nous étions retrouvés enfermés, à cause d’une poignée de porte qui était cassée, j’ai fait tomber un pot de fleurs par terre.
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21/07/2007
Vendredi 20 juillet 2007
Ai croisé à deux reprises le Julien de Myriam, les deux fois dans des supermarchés, où j’accompagnais ma sœur. Quelques mots échangés. (Mieux vaut que l’honnête lecteur détourne ici les yeux.) Ce soir, au dîner, nous avons de nouveau parlé, ma mère, ma sœur et moi, de cette fiente de Hieronymus Z*** et de sa famille ; de la mère et du cousin, surtout, qui ne seraient pas beaucoup moins salauds que lui, si j’ai bien suivi la conversation. Julie voudrait écrire une lettre à la mère, pour lui dire ce qu’elle pense d’elle et ce que celle-ci devrait penser de son fils (car il semblerait qu’elle ne sache toujours pas qu’il a transmis le sida à ma sœur : en parfaite connaissance de cause, etc., etc., cf. supra). Si elle ne l’a pas encore fait, c’est parce qu’elle ne sait pas comment s’y prendre. Les mots lui manquent. Je lui propose d’être son nègre. Elle parle aussi de tout révéler à la presse, comme elle dit, apparemment sérieuse, la pauvre… Je tente de lui persuader qu’elle ferait mieux de le poursuivre en justice, s’il en est encore temps, ne serait-ce que pour lui gâcher ses derniers jours : on veut croire qu’il n’en a plus pour longtemps : espérons que sa cirrhose, l’alcool aidant, l’emporte vite. (On peut rouvrir les yeux.)
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20/07/2007
Jeudi 19 juillet 2007
J’écris de chez ma mère, où je suis installé tant que durent les fêtes de la Madeleine, qui rendent mon appartement et ses abords invivables, à cause de l’afflux d’humains qu’elles occasionnent, du bruit qu’ils font et des humeurs et matières corporelles qu’ils laissent sur leur passage : flaques de vomissures, rivières de pisse, flots de vinasse, et l’odeur pestilentielle, qui restera bien après la fin des fêtes. Rien d’autre à dire.
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14/07/2007
Vendredi 13 juillet 2007
Don Esteban est de nouveau parti pour cette autre île dont je ne sais pas le nom. Et nous nous sommes quittés en mauvais termes, sans doute encore par ma faute. (Je vais devoir attendre son retour pour lui confier cette chose qu’on m’a dite et que je ne peux pas même écrire dans ce journal.) J’ai tellement bu ce soir, chez ma mère, que je suis obligé de rester dormir chez elle, d’où j’écris. Esteban, le soir de notre dispute, qui n’en était pas vraiment une, puisque je lui ai ‘‘raccroché au nez’’ avant de devenir trop insultant (si l’on peut dire ‘‘raccrocher au nez’’ quand on met fin comme je fis à une conversation sur MSN), avait commencé à me parler, sur un ton de léger reproche, de ce qu’il appela mes ‘‘coucheries’’, comme s’il y en avait tant que cela ! Quelles coucheries donc ? C’est à peine si je fais venir chez moi plus d’un garçon par mois ! Selon Esteban, si j’aspire à en faire venir plus que cela, c’est parce que je suis, comme il dit, « prisonnier du microcosme gay et de ses mœurs douteuses » ! Moi qui n’ai pas de vie sociale, moi qui ne fréquente absolument personne, moi qui déteste le ‘‘milieu gay’’, j’en serais, à l’entendre, un membre très actif, baisant à droite, à gauche, incessamment. Prétendant me parler de moi, il me parle d’un autre, que peut-être, j’aimerais pouvoir être, en effet, ne serait-ce que pour me sentir vivre, mais que, de fait, je ne suis pas du tout. « Certains croient encore à la fidélité », me dit-il. Ma fidélité à moi est d’un autre ordre. Je lui suis fidèle en l’attendant. Pourquoi donc faudrait-il que l’attente soit cette espèce de mort que je me donne pour rester fidèle ? Rien que cette semaine, on m’a dit trois fois qu’on me trouvait beau. Que je le sois effectivement importe peu. Mais jamais (ou presque) cette beauté qu’on me prête, à tort ou a raison, ne me sert à parvenir à des fins sans doute triviales, j’en conviens, mais oh combien humaines !
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11/07/2007
Mercredi 11 juillet 2007
Il y a tout de même une chose qui mériterait d’être rapportée de mon court séjour à Toulouse : le samedi soir, après dîner, Laurent était convenu d’un rendez-vous avec un sien ami, qui n’avait qu’une petite heure à lui consacrer (que Laurent ne sut pas apprécier pleinement, me confia-t-il par la suite, du fait de sa brièveté même, qu’il crut proportionnelle à l’intérêt que son ami lui portait…). Fabrice, ledit ami, nous avait demandé de le rejoindre sur la place du Capitole, devant un restaurant dont j’ai oublié le nom. Il nous était sorti de la tête, à tous, que c’était un soir de fête et de liesse (on célébrait en effet l’ouverture de la ligne B du métro toulousain), et qu’il y avait donc foule à l’endroit du rendez-vous. Dans de telles conditions, il nous fut non seulement très difficile de nous rendre au lieu convenu mais surtout d’y trouver le fameux ami dans la foule compacte. Fabrice et Laurent se jurèrent longtemps au téléphone qu’ils étaient bien chacun rendus au point de rendez-vous, même s’ils ne se voyaient pas. J’étais quant à moi en train de regarder passer un fort joli petit jeune homme quand Laurent me demanda de l’aider à trouver son ami, que je n’avais pourtant jamais vu. « Mais à quoi est-ce qu’il ressemble, ton ami ? », lui demandai-je, en me faisant cette réflexion que j’aurais bien aimé que cet ami fût le joli petit passant qui venait de disparaître dans la foule. « Il est mignon, au moins ? – Je ne sais pas… Ça dépend des goûts… – Il ne serait pas petit, par hasard ? – Il n’est pas très grand, non. – Est-ce qu’il n’aurait pas un piercing à l’arcade sourcilière ? – Je ne me rappelle plus. C’est possible… – Ah bon ? Tu veux dire que tu ne sais pas à quoi ressemble ton ami ? Mais rassure-moi, tu es bien sûr que vous êtes amis, tous les deux, quand même, hein ? – Oui, oui. – Est-ce qu’il n’est pas brun ? Avec des cheveux tout courts ? ». J’étais en train de lui décrire le passant disparu, espérant sans doute infléchir la Providence, en insistant un peu, quand, soudain, le visage de Laurent s’éclaira : c’était mon passant qui repassait par là ; et c’était bien lui l’ami que nous attendions ! Moi qui craignais de n’avoir rien à lui dire, je pus lui raconter, sans beaucoup de finesse, que je l’avais d’abord remarqué dans la foule et qu’il était désormais en face de moi, comme un vœu exaucé. Bien sûr, dans un monde meilleur, nous serions repartis tous les deux ensemble, une fois l’heure écoulée, en laissant Laurent à ses mauvaises pensées. Hélas, il n’en fut rien. Cela dit, je n’ai pas de regret à avoir car il paraît qu’il y a, dans la nudité de Fabrice, un défaut qui lui fait grand-honte et dont je ne dirai rien. Ce n’est pas que je n’aime que les corps parfaits. Mais son imperfection le gêne tellement, à ce que Laurent m’a rapporté, qu’elle embarrasserait le moindre de ses mouvements quand il n’est pas seul au lit. C’est bien triste.
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08/07/2007
Samedi 7 juillet 2007
J’ai sans doute trop tardé à raconter mon petit séjour à Toulouse, le week-end dernier. Maintenant, avec le recul, je ne vois plus rien qui mérite vraiment d’être rapporté, si ce n’est ma rencontre avec Dominique Autié, que je préfère taire, je crois bien. Le premier Toulousain à qui nous ayons parlé, Laurent et moi, est un chauffeur de taxi fort antipathique, qui a tout bonnement refusé de nous conduire à notre hôtel, sous prétexte que tout le centre de la ville était embouteillé, à cause des mesures de sécurité que nécessitait la présence du ministre Borloo, venu inaugurer la ligne B du métro. J’ai proposé d’aller déjeuner dans un restaurant des environs de la gare et de tenter notre chance auprès de ces voyous de chauffeurs de taxi un peu plus tard. Le restaurant que nous avons choisi était apparemment très pédérastiquement achalandé, dixit Laurent, qui s’y connaît mieux que moi. J’avais bien remarqué les deux garçons torses nus au bar, qui m’avaient fait choisir l’endroit, mais je les avais crus hétéros. Notre jeune serveur, par contre, malgré tous ses piercings, était un enchantement. C’était un petit pédé tout sourire, ce qui est une rareté, et très prévenant (spécialement avec nous, c’est-à-dire avec moi, ce qui est encore plus agréable). Contrairement à ce que laissait présager l’endroit, un peu défraîchi, comme souvent les restaurants des environs des gares, la nourriture qu’il nous servait était aussi comestible que lui : j’aurais dû venir seul. Du coup, nous avons laissé un pourboire de 20 EUR, ce qui contredit en partie ce que je disais récemment dans ce journal de ma parcimonie (mais il est possible que ces 20 EUR aient été déboursés par Laurent, je ne sais plus ; c’est sûrement le cas, à la réflexion, car je me vois mal laisser un si gros pourboire dans un tel endroit : ce serait trop m’as-tu-vu). Finalement, nous avons décidé de nous rendre à l’hôtel à pied. Dans ma chambre, j’ai allumé la télévision et recherché la chaîne locale, dont les clients habitués du restaurant suivaient les programmes, un peu plus tôt, pour voir ce qui se disait de l’inauguration du métro (il n’était question que de cela). Laurent m’a rejoint et j’ai fait avec lui, sur le lit, mais en gardant un œil sur la télévision, toutes sortes de choses qu’il n’est sans doute pas nécessaire de décrire. A un certain moment, il y eut une série de reportages consacrés aux artistes qui avaient créé chacun une œuvre pour les différentes stations du métro. Quand il a été question de la station ‘‘Carmes’’, le journaliste a dit à peu près (je le cite de mémoire) que Jean-Paul Marcheschi n’avait rien à dire de plus sur son œuvre et qu’il laissait à un ami le soin d’en parler. L’ami n’était autre que Bianco Castafiore, alias Renaud Camus. Son discours consistait en d’onomatopéiques vocalises, un blabla littéral et outré qui, par sa littéralité même, était sans doute infiniment moins verbeux que les discours qu’on imagine habituellement tenus sur l’art contemporain. Nous étions donc en train de forniquer, Laurent et moi, avec, pour fond sonore, un Renaud Camus qui faisait l’imbécile en donnant vie à un bathmologique frère de la Castafiore. Quelle confiance il faut avoir en soi pour risquer à ce point de se ridiculiser ! Nous nous sommes rendus à ladite station ‘‘Carmes’’ vers six heures, pour voir l’œuvre de nos yeux. Quelque chose m’a gêné, que je ne saurais bien expliquer. Bien que l’œuvre ait été spécialement conçue pour lui, le lieu ne convient peut-être pas. Il m’a semblé trop éclairé : la lumière des carreaux blancs (si ce sont des carreaux blancs, un doute me saisit…) empêchait de bien voir la voie lactée. Mais peut-être était-ce fait exprès. Après tout, dans son communiqué de presse, Marcheschi parle bien d’un « canal sombre ». Mais il parle aussi d’une « écriture de lumière ». Or, comment bien voir cette lumière de la voûte, si celle du hall qu’elle recouvre, trop forte et trop blanche, l’absorbe ? Mais il y a plus déroutant. Bien plus qu’un lieu (de passage), le hall de la station, où se trouve l’escalator menant au niveau du quai, est, à mon sens, un non-lieu. Le passant, aspiré par sa destination en est absent. Il n’est le plus souvent qu’un corps en transit, dont l’esprit est ailleurs. Ce sont des fantômes qui montent ou descendent les escalators. Leurs yeux sont ouverts sur un autre monde, dont l’œuvre n’est pas. Non seulement ils ne regardent pas la voie lactée, mais ils ne la voient pas ! Mais il y a ces phrases du Livre du sommeil qui me reviennent à l’esprit : « La peinture nomme à jamais les lieux qui la contiennent. Lorsqu’une ville – un bourg, une maison – garde en son sein un tableau, un chef-d’œuvre, elle se trouve définitivement inscrite dans le temps et son espace en est radicalement transformé. / Par la profondeur unique, mystérieuse, illimitée de l’œuvre, elle accède à la nuit. / Un lieu sans œuvre est un lieu orphelin, insomniaque, un réceptacle vide, en attente, inachevé, frappé d’inexistence. C’est un pays sans nom, sans image. C’est nulle part. » Il faut donc bien que le non-lieu que je disais puisse être nommé, du fait de l’œuvre, c’est-à-dire qu’il soit un lieu ! C’est le paradoxe de l’endroit. Si la station ‘‘Carmes’’ est un lieu de passage, c’est entre ces deux espaces qui devraient s’exclure l’un l’autre : le lieu et le non-lieu. Lieu où l’on est présent à soi et à l’œuvre qu’on regarde quand, par exemple, on est venu dans le but précis de la voir, comme moi. Non-lieu de celui qui n’est qu’en transit, qui n’est pas vraiment là, qui, déjà, est ailleurs en pensée. La station ‘‘Carmes’’ fait se côtoyer vivants et fantômes, ce qui, pour une petite nature comme moi, est une expérience des plus détestables.
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06/07/2007
Jeudi 5 juillet 2007
Dans un commentaire à mon dernier billet, Didier Goux demande, m’offrant ainsi une bonne raison de repousser encore à demain, en lui répondant aujourd’hui, la relation que je devrais faire de mon récent petit séjour à Toulouse, dont il n’y a d’ailleurs pas grand-chose à rapporter, si ce n’est ma rencontre avec Dominique Autié, ce qui n’est évidemment pas rien, comment il se peut que, vivant pauvrement, comme je le prétends, je m’offre un tableau de Marcheschi. Etre pauvre est une chose (certes beaucoup plus enviable que d’être miséreux, et bien des pauvres, à mon avis, devraient s’estimer heureux, mais je m’égare) ; vivre pauvrement en est une autre. Si peut-être il m’est arrivé, dans ce journal, de me prétendre pauvre, comme il est fort possible que j’aie fait, me connaissant, il fallait comprendre que je vivais pauvrement. En réalité, à strictement parler, je ne puis pas être qualifié de pauvre. Par exemple, je suis déjà pleinement propriétaire de mon (modeste, très modeste !) logement, ce qui, à mon âge et à notre époque, n’est pas exactement un signe de pauvreté (ni de richesse, d’ailleurs). Vivre pauvrement, comme je prétends le faire, c’est, dans mon esprit, n’acheter rien de toutes ces choses que la société de consommation, comme on dit et pour parler vite, pousse les hommes à acquérir ; c’est s’efforcer de ne pas avoir de ces désirs de masse qui, du moins sous nos latitudes, font être l’homme chaque jour un peu moins ondoyant et divers. Concrètement, cela revient à n’acheter que des produits de première nécessité, par exemple, et le moins cher possible. En somme, dirait don Esteban, vivre pauvrement, pour moi, c’est me laisser aller à ma pingrerie naturelle, en quoi il n’a qu’à moitié raison, parce que je ne suis avare que de mon argent, jamais du sien ! Comme fait très justement remarquer Pierre Driout dans un autre commentaire au même billet, dépensant peu, j’économise beaucoup (ce qui est du plus petit-bourgeois, d’ailleurs !). Pas assez, néanmoins, pour m’offrir un tableau de Marcheschi. Mais ma sœur ayant eu récemment besoin d’argent pour s’acheter une nouvelle voiture, ma mère, pour ne pas me léser, m’a donné la même somme qu’à elle, somme dont je n’avais pas le moindre besoin et qu’il me fallait bien dépenser d’une manière ou d’une autre (en quoi je m’éloigne sans doute un peu du petit-bourgeois ordinaire, dont le réflexe aurait été, j’imagine, de placer intelligemment cet argent, de le faire travailler, comme disait mon arrière-grand-mère). L’idée du tableau m’est venue assez naturellement, pour l’envie que j’en avais depuis un bon moment déjà. En réalité, les œuvres d’art sont à la portée de bien des bourses. Tous ceux qui, par exemple, achètent une voiture neuve, pourraient aussi bien acheter une voiture d’occasion et consacrer, disons, le tiers de la somme qu’ils auraient mise dans l’achat d’une voiture neuve à celui d’une œuvre d’art (je dis le tiers au hasard, c’est un ordre de grandeur, je ne connais pas le prix des voitures). C’est finalement une question d’art de vivre. Est-il préférable de posséder une voiture neuve, que le temps usera nécessairement ; ou vaut-il mieux acquérir une œuvre dont la vocation est d’être bien au-delà de soi, de son existence : de son seul espace et de sa seule époque ? Les avis sont partagés. On peut aimer conduire sa voiture. Mais on peut préférer être conduit par une œuvre, sa vie durant, et jusqu’aux portes de la mort.
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05/07/2007
Mercredi 4 juillet 2007
Je commence à me demander si le tableau que j’ai commandé à Marcheschi me sera livré avant mon départ pour les Canaries, si tant est, bien sûr, que ce départ ait jamais lieu, mais là n’est pas la question. J’ai téléphoné aujourd’hui à l’encadreur que le peintre m’a conseillé. Ignacio V*** a deviné qui j’étais à la façon que j’ai eue de le nommer. En réalité, il s’appelle Ignacio G*** : « Marcheschi m’appelle Ignacio V***, m’a-t-il dit, mais je ne sais pas pourquoi… ». Si donc je l’avais appelé Ignacio V*** moi aussi, c’est que j’étais la personne que Marcheschi avait dit qui l’appellerait. (Ou bien est-ce que l’encadreur s’appelle Ignacio G*** V*** ? Son accent est tel que je n’ai pas très bien compris ce qu’il me disait.) L’encadreur m’a annoncé qu’il fermerait la boutique à partir du 24 juillet. Si donc le tableau n’est pas achevé à cette date, l’encadrement ne pourra pas être fait avant septembre ! Quant à Marcheschi, s’il a mis si longtemps à réaliser les trois œuvres parmi lesquelles je pourrai choisir celle qui aura ma préférence, c’est parce qu’il était très pris, dernièrement, par la finition de la voûte de la station ‘‘Carmes’’ du métro de Toulouse, inaugurée samedi 30 juin. C’est d’ailleurs pour assister à cette inauguration que je me suis rendu samedi à Toulouse, Laur¡ntion gvn [1], qui voulait passer un week-end avec moi, qui ne me serais jamais rendu dans cette ville sans être accompagné, kalÇw µ kakÇw ! Mais j’en parlerai une autre fois. [1] La police grecque Athenian est téléchargeable ici.
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04/07/2007
Mardi 3 juillet 2007
Je me suis rendu compte, ce matin, que tout le tour de ma voiture avait été rayé par je ne sais qui. « Grâce à sa caméra », écrivais-je l’autre jour, parlant d’un internaute au joli minois, avec qui j’avais chatté un moment, avant de le faire venir chez moi. Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Don Esteban m’a demandé si j’étais équipé d’une caméra, moi aussi. Comme j’en ai une, il a bien sûr fallu que je me montre à lui, grâce à quoi j’ai appris que j’avais grossi ! Et j’ai attrapé un mauvais rhume. Est-ce à cause de ma distribution hebdomadaire faite sous la pluie, ou si j’ai trop baisé metŒ LaurentÛou toè cuxolñgou [1] (à qui je trouve quelque chose de maladif), durant ce week-end passé à Toulouse, dont je ferai la relation un autre jour ? [1] La police grecque Athenian est téléchargeable ici.
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