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11/07/2007

Mercredi 11 juillet 2007

            Il y a tout de même une chose qui mériterait d’être rapportée de mon court séjour à Toulouse : le samedi soir, après dîner, Laurent était convenu d’un rendez-vous avec un sien ami, qui n’avait qu’une petite heure à lui consacrer (que Laurent ne sut pas apprécier pleinement, me confia-t-il par la suite, du fait de sa brièveté même, qu’il crut proportionnelle à l’intérêt que son ami lui portait…). Fabrice, ledit ami, nous avait demandé de le rejoindre sur la place du Capitole, devant un restaurant dont j’ai oublié le nom. Il nous était sorti de la tête, à tous, que c’était un soir de fête et de liesse (on célébrait en effet l’ouverture de la ligne B du métro toulousain), et qu’il y avait donc foule à l’endroit du rendez-vous. Dans de telles conditions, il nous fut non seulement très difficile de nous rendre au lieu convenu mais surtout d’y trouver le fameux ami dans la foule compacte. Fabrice et Laurent se jurèrent longtemps au téléphone qu’ils étaient bien chacun rendus au point de rendez-vous, même s’ils ne se voyaient pas. J’étais quant à moi en train de regarder passer un fort joli petit jeune homme quand Laurent me demanda de l’aider à trouver son ami, que je n’avais pourtant jamais vu. « Mais à quoi est-ce qu’il ressemble, ton ami ? », lui demandai-je, en me faisant cette réflexion que j’aurais bien aimé que cet ami fût le joli petit passant qui venait de disparaître dans la foule. « Il est mignon, au moins ? – Je ne sais pas… Ça dépend des goûts… – Il ne serait pas petit, par hasard ? – Il n’est pas très grand, non. – Est-ce qu’il n’aurait pas un piercing à l’arcade sourcilière ? – Je ne me rappelle plus. C’est possible… – Ah bon ? Tu veux dire que tu ne sais pas à quoi ressemble ton ami ? Mais rassure-moi, tu es bien sûr que vous êtes amis, tous les deux, quand même, hein ? – Oui, oui. – Est-ce qu’il n’est pas brun ? Avec des cheveux tout courts ? ». J’étais en train de lui décrire le passant disparu, espérant sans doute infléchir la Providence, en insistant un peu, quand, soudain, le visage de Laurent s’éclaira : c’était mon passant qui repassait par là ; et c’était bien lui l’ami que nous attendions ! Moi qui craignais de n’avoir rien à lui dire, je pus lui raconter, sans beaucoup de finesse, que je l’avais d’abord remarqué dans la foule et qu’il était désormais en face de moi, comme un vœu exaucé. Bien sûr, dans un monde meilleur, nous serions repartis tous les deux ensemble, une fois l’heure écoulée, en laissant Laurent à ses mauvaises pensées. Hélas, il n’en fut rien. Cela dit, je n’ai pas de regret à avoir car il paraît qu’il y a, dans la nudité de Fabrice, un défaut qui lui fait grand-honte et dont je ne dirai rien. Ce n’est pas que je n’aime que les corps parfaits. Mais son imperfection le gêne tellement, à ce que Laurent m’a rapporté, qu’elle embarrasserait le moindre de ses mouvements quand il n’est pas seul au lit. C’est bien triste.

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