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24/06/2007
Samedi 23 juin 2007
Un internaute me disait l’autre jour que la lecture de ce blogue lui confirmait qu’il n’y avait rien à dire sur Mont-de-Marsan, dont il est originaire. Mais je suis un Montois retiré. Il y aurait sans doute beaucoup à rapporter, dont je ne sais rien, faute d’une vie sociale digne de ce nom. Je passe la moitié de mon temps dans cet appartement de la rue des Cordeliers, l’autre chez ma mère, et fais en voiture le trajet entre les deux endroits. Je connais assez bien le quartier de Saint-Jean d’Août, mais uniquement parce que c’est celui de ma mère, et que j’y fais ma distribution de prospectus. J’en connais donc essentiellement les boîtes aux lettres et, à force d’observation, les adresses où l’on peut trouver de beaux garçons torses nus, l’été, dans les jardins (il y a aussi le terrain de football du Péglé). Tous mes amis d’ici se sont expatriés. Je les vois si rarement, j’ai même si peu de nouvelles, que je ne suis plus bien sûr de pouvoir les appeler encore des amis. Je n’ai jamais été très bon pour eux, ni très doux. Il est donc normal qu’ils aient fini par me négliger. Il se pourrait même que j’en voie plus souvent, une fois que je me serai installé aux Canaries, avec don Esteban. La destination les attirera, plutôt que moi ! Augustin que j’ai toujours aimé, s’il venait à mourir, ne me manquerait sans doute pas plus qu’aujourd’hui, alors qu’il me faudrait sûrement des mois pour me remettre de la disparition de la chienne Pélagie ! J’avais pleuré Coccymèle bien plus que ma grand-mère. « Plutarque dit, à propos de ceux qui s’affectionnent aux guenons et petits chiens, que la partie amoureuse qui est en nous, à faute de prise legitime, plustost que de demeurer en vain, s’en forge ainsin une faulce et frivole. » (Montaigne, Essais, livre I, chapitre IV.) Quant à moi, je me demande si ce n’est pas faute de partie amoureuse en moi que je m’éprends de petits chiens ! Lorsque, un jour, j’ai demandé à Laurent,le ψ, que je devais d’ailleurs voir hier, et qui a annulé notre rendez-vous, le goujat, lorsque je lui ai demandé pourquoi je ne supportais pas, selon lui, de dormir avec quelqu’un, il m’a répondu que c’était parce que je ne voulais pas me donner. Mais comment aimer si l’on n’est pas capable de se donner ? Augustin, qu’il me semble avoir beaucoup aimé, et qui fut le seul avec qui j’aie pu vraiment dormir, je voulais surtout le posséder… Tous ces gens que j’ai croisés dans ma vie, à qui j’ai cru m’attacher, avec qui j’ai ri, bu ou baisé de bon cœur, que j’ai même si bien affecté d’aimer que je n’étais pas loin de croire moi-même en la sincérité de mes démonstrations, m’étaient-ils beaucoup plus que des chiens ou des guenons ? En quittant la France, je ne laisserai rien ni personne, que ma mère et ma sœur. Je puis tout recommencer au îles Canaries, que dis-je, je puis tout commencer aux îles Fortunées.
03:00 Publié dans 2007, Journal | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
Commentaires
L'espoir fait vivre...
Ecrit par : tinou | 24/06/2007
Est-ce que vous ne craignez pas de les fantasmer un peu trop, ces Canaries ? Je veux dire : d'attendre d'elles des choses qu'elles ne peuvent donner, ni à vous ni à personne ? Par moment, j'ai un peu peur pour vous. La désillusion...
Ecrit par : Didier Goux | 24/06/2007
Rassurez-vous, Didier, c'est de l'autosuggestion. J'essaie de me persuader que je brûle du désir de m'installer sur une des ces îles ! Et puis c'est important de mettre la pression à don Esteban. En cas de désillusion, c'est lui qui va trinquer !
Ecrit par : Olivier Bruley | 24/06/2007
Ce que j'aime particulièrement dans tes petits récits, c'est que ça satisfait, au moins pour un temps, mes envies de "voyeurisme régionaliste". Je connais tres bien MdM, pour y avoir passé 18 longues années et je trouve ça assez amusant d'essayer de deviner qui est ton coiffeur, ton opticien etc. Achètes-tu du thé chez le magasin de femmes à grosses fesses amatrices en savonnettes et de belles tables dans ta rue? Tes cigarettes au tabac de cette même rue, celui où il y a plein de belles cartes postales souvenir des Landes devant ? Rholala, loues-tu des vidéos au "Video Futur" de la Place du Comissariat ? C'est assez amusant, à vrai dire...un vrai jeu de piste.
Toi toi Montois.
Ecrit par : Enzo Maricon | 25/06/2007
Qui est donc mon coiffeur ? C'est une question que je me pose souvent, moi aussi. Est-il uniquement hétérosexuel, comme il le laisse entendre ? Ou bien est-il un peu pédé sur les bords, comme on voudrait croire, et comme devraient être tous les coiffeurs, d'ailleurs ? Je ne sais... Pour ce qui est du reste, ayant fait le choix de travailler le moins possible et donc de vivre pauvrement, je n'achète (ni ne loue) rien. Quelques produits de première nécessité, dans un supermarché, et des livres, bien sûr, mais pas autant qu'on pourrait croire, faute d'argent. C'est tout. Je bois du thé, en effet, mais si don Esteban, qui en est grand amateur, savait de quelle sorte je me procure, il serait bien capable de me répudier, avant même d'avoir fait sa demande !
Ecrit par : Olivier Bruley | 25/06/2007
Mon Dieu, es-tu client de la librairie Caractères ?
Ecrit par : Enzo Maricon | 26/06/2007
Oui, en effet.
Ecrit par : Olivier Bruley | 27/06/2007
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