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31/05/2007

Jeudi 31 mai 2007

            Avant-hier soir, entre ma voiture et mon appartement, j’ai dû porter deux fois la chienne Pélagie dans mes bras : d’abord pour qu’elle ne se blesse pas avec le verre de deux canettes qui avaient été jetées par terre ; ensuite pour qu’elle ne marche pas dans l’urine dont était inondé l’absurde escalier menant à la porte d’entrée de mon immeuble. Pourquoi donc cette porte ne se trouve-t-elle pas au bas de l’escalier ? Quand je fus enfin chez moi, les Canaries m’étaient devenues vraiment très désirables. Partir, enfin. Et avoir un Esteban sur qui déverser quotidiennement mon ressentiment ! Mais cette phrase de Jean-Paul Marcheschi n’arrête pas de me tourner dans la tête depuis que je l’ai lue dans Le Livre du sommeil : « Il n’est d’île que des morts ». (Et si c’était une citation que faisait Marcheschi, comment savoir, quand on ne sait rien, comme moi ?)

Commentaires

Demandez directemement à Marcheschi, sur son site. Enfin, il me semble que c'est ce que je ferais.

Ecrit par : Didier Goux | 01/06/2007

Marcheschi doit certainement beaucoup penser à son île natale (la Corse) quand il dit cela... Angelo Rinaldi dit aussi que dans cette île, les plus beaux monuments sont des tombeaux.

Ecrit par : Etienne | 01/06/2007

Oui, c’est bien à son île natale qu’il pense. D’ailleurs, juste après, il écrit :
« Un soir, la Corse.
Insula
Comme un crâne émerge du noir.
Terre de nacre claire qui surgit
au bout de la nuit. »
Mais je trouve tellement de beauté à sa formulation qu’il n’est d’île que des morts que je me dis que, peut-être, elle est d’un très grand poète. Elle l’est, d’ailleurs, et ce poète, c’est très probablement Marcheschi, en effet, d’où que je ne peux pas lui demander si les mots sont bien de lui. Il penserait que je ne le crois pas capable d’une telle phrase, ce que je suis très loin de croire, bien sûr. Renaud Camus écrit d’ailleurs , dans Cavare, que « s’il n’est écrivain c’est qu’il ne daigne ».

Ecrit par : Olivier Bruley | 02/06/2007

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