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05/05/2007
Samedi 5 mai 2007
Le pire est toujours devant nous. Je regrette déjà l’heureux temps où mon jeune voisin pissait depuis ses fenêtres sur les vitres de ma véranda. Il y a deux jours que s’est installé dans l’appartement que mon petit pisseur occupait un vieil ivrogne à barbe et bonnet rouge, qui fait, en se déplaçant, autant de bruit qu’un troupeau d’éléphants à lui tout seul. Rien que cette nuit, les allées et venues entre son domicile et la rue de ce demi clochard, qui a probablement trouvé au-dessus de ma tête son premier toit depuis longtemps, ont dû me réveiller cinq ou six fois, car à son passage dans le couloir et l’escalier, au moindre de ses pas chez lui, c’est tout mon appartement qui tremble ! J’ai noté dans mon agenda qu’à une heure et demie du matin, mon poivrot rentrait de sa beuverie, pour repartir à deux heures moins vingt ; il était de retour à trois heures moins vingt-cinq et repartait à quatre, pour rentrer finalement à six heures et quart ; en faisant à chaque fois un bruit terrible. J’ai bien tenté de lui demander, cet après-midi, comme il repartait, d’amortir un peu ses pas, mais il n’a pas seulement daigné m’écouter parler. C’est à peine s’il s’est arrêté, laissant derrière lui une atroce odeur de vinasse et de tabac. Je n’ai pas trop insisté, on ne sait jamais, avec ces gens-là : le bruit et l’odeur peuvent vite devenir le bruit et la fureur ! J’ai l’intention de revendre cet appartement et d’en acheter un nouveau, au dernier étage d’un immeuble où les murs seront un peu plus épais que du papier à cigarettes. Mais j’attends de m’être installé aux Canaries, avec Esteban, mon sauveur, pour ne pas avoir à passer chez ma mère le temps qu’il y aura entre la vente de cet appartement et l’achat du nouveau. Seulement, je ne suis plus sûr d’avoir la force d’attendre jusque là. Si je ne peux plus dormir mes dix à douze heures par nuit, je vais me chiffonner, m’aigrir et me faner : à son retour, Esteban ne trouvera que les piquants habituels, sans le rose qui les couronnait, si bien qu’à la fin, il pourrait bien ne plus vouloir de moi. C’est dans ces moments-là qu’on voudrait être un chien : Pélagie dort toujours autant, elle, qu’il y ait du bruit ou non.
21:26 Publié dans 2007, Journal | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Commentaires
Je te signale que notre futur président, qui prétend régenter notre vie dans tous les domaines (tu parles d'un libéral!), a des idées bien arrêtées en matière de sommeil. Réveil à six heures du matin pour tout le monde. Il y aura, je suppose, création d'une police du sommeil dont l'effectif sera composé d'anciens douaniers chargés de réveiller les récalcitrants en leur diffusant ce tube des années soixante "Le travail c'est la santé".
Par contre, si c'est Ségolène qui est élue, la politique du sommeil fera l'objet d'un débat entre les partenaires sociaux et là,si tu veux mon avis, ça peut durer, durer, durer...jusqu'au petit matin, quand, d'un commun accord, ils décideront de tous aller se coucher...
Ecrit par : don esteban | 05/05/2007
Le seul qui préside à ma vie, c'est toi mon Esteban. Mais bon, maintenant qu'on sait que la gauche n'a pas pris le pouvoir, on n'a peut-être plus besoin d'aller vivre aux Canaries, non ?
Ecrit par : Olivier Bruley | 06/05/2007
Mon vieil Olivier,
J'ai retenu le yacht de soixante mètres pour vos ébats amoureux, destination Miami, j'y ai des connaissances qui font du business par là-bas ... vous allez vous en mettre plein les fouilles pour pas lourd d'heures à boulonner.
Venez armés !
Ecrit par : iPidiblue basic motive | 08/05/2007
Hélas, il n'y a que la navigation à voile qui intéresse don Esteban...
Ecrit par : Olivier Bruley | 09/05/2007
Zut !
Ecrit par : iPidiblue le Parrain | 09/05/2007
Ah ! s'il vous plaît, ne mêlez pas les éléphants à tout ça !
Ecrit par : didier goux | 10/05/2007
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