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26/04/2007
Jeudi 26 avril 2007
J’ai vu qu’il était question, dans le blogue de Didier Goux, de l’épisode dit ‘‘du suçon’’, du suçon qu’avait Pierre dans le cou, Pierre, l’ami de Renaud Camus, à l’époque de l’affaire qu’on faisait à ce dernier. C’est l’occasion de raconter comment et pourquoi fut fait par moi le seul suçon de ma vie à une fille. (Du même coup, je m’avise que je n’en ai jamais fait à des garçons : c’est que je ne suce pas, d’habitude, je veux dire : pas dans le cou ! C’est dire si je suis limité.) C’était à l’époque où Anne, que j’avais laissée m’aimer depuis déjà trois ou quatre années, commençait à dire qu’elle voulait me quitter. J’étais tellement sûr de mon pouvoir sur elle que ne pouvais pas seulement imaginer qu’elle y pensât sérieusement : je ne l’en croyais pas capable ! Aussi, quand elle se mit à me parler presque tous les jours d’une certaine M***, je ne vis pas le danger, quand même j’avais décrété depuis le premier jour qu’Anne était une lesbienne qui s’ignorait, et qu’elle finirait par me quitter pour une fille, précisément. M*** me donna raison : un jour, en effet, Anne m’annonça qu’elle me quittait pour de bon, et pour cette fille, donc, avec laquelle elle avait déjà couché plusieurs fois, et dont elle se prétendait amoureuse. Quant à moi, n’étant pas amoureux d’Anne (ce qu’elle savait depuis le début de notre association, car je lui avais dit, en toute honnêteté et sans doute aussi pour la dissuader un peu, mais en vain, que si j’acceptais de recevoir l’amour qu’elle désirait me donner, il ne fallait pas qu’elle en attendît autant de moi, parce que je lui préférais les garçons et que je la tromperais sûrement beaucoup), je ne fis pas de scandale et proposai juste une dernière partie de jambes en l’air, pour nos adieux, en quelque sorte, adieux qui n’en étaient pas vraiment, d’ailleurs, puisque nous devions rester en excellents termes. Elle accepta. Mais je n’aimais pas cette M*** qui ne m’aimait pas non plus et que j’avais rencontrée deux ou trois fois déjà. J’eus donc l’idée, dans le feu de l’action, de marquer Anne au cou d’un énorme suçon, uniquement dans le but de semer la discorde au sein de son nouveau couple. Car à l’époque, pour ladite M***, Anne et moi n’étions plus censés être ensemble : Anne prétendait m’avoir quitté depuis une semaine, comme il était devenu si fréquent, à l’époque. Comme elle finissait toujours par me revenir, je n’avais pas fait grand cas de cette énième séparation, qui ne m’en semblait pas une. Mais pour M***, le suçon parut une preuve évidente qu’Anne m’était revenue, ce qui n’était pas le cas : elle m’avait simplement cédé, probablement dans le but d’adoucir les choses et de ne pas me voir faire d’un scandale auquel, de toute façon, je ne pensais pas du tout. C’était réjouissant d’entendre Anne me dire : « Non… Olivier…. Pas ça… Non… Je dois voir M***, ce soir… Non… Olivier… M***… Olivier… » Et le regard d’Anne ensuite, dans le miroir, constatant l’évidence de la preuve, et semblant dire : « Mais vraiment ! Quel enfant ! ». J’avais agi par pure malveillance, pour m’amuser de la situation dans laquelle je mettais Anne. La dispute entre les deux filles fut terrible, paraît-il, mais la réconciliation ne tarda pas, et je fus bel et bien quitté.
23:05 Publié dans 2007, Journal | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
"La dispute entre les deux filles fut terrible..." . Pourquoi ai-je l'impression que ces quelques mots sont pleins d'une terrible jubilation? Quant à ce "paraît-il", mieux vaut n'en point parler!
Ecrit par : don esteban | 28/04/2007
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