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04/03/2007
Samedi 3 mars 2007
J’ai fini par rencontrer ce ψ avec qui je chattais souvent sur MSN. Il est venu de Bordeaux dîner chez moi. Comme souvent dans les dîners en tête à tête entre pédés, il y eut de petites saucisses à l’apéritif et du foutre en digestif. Suivant la constitution non écrite qui régit la libre association d’Esteban et de moi, je n’aurais été infidèle que si j’avais agi secrètement. De toute façon, dès que tout fut consommé, je me suis empressé de rassurer Esteban, sur MSN également. Je pressentais bien avant de rencontrer Laurent (le garçon dont il s’agit, très doux (quoique un peu brute au lit), voire efféminé) qu’Esteban n’aurait rien à craindre de lui. C’est le genre de personne qui possède trois téléphones portables, dont un est plaqué or ! Et puis il parle avec un fort accent du sud-ouest, en disant tranquillou toutes les trois phrases. Je crois qu’il fait une espèce de complexe d’infériorité. Venant d’un milieu modeste, il s’est épuisé pendant plusieurs années dans de nombreuses et complexes études, pour s’élever un peu au-dessus de sa condition première. Il a relativement réussi, puisqu’il exerce une profession libérale qui lui rapporte plus qu’assez d’argent. Mais il a toujours son accent. Il aurait été tellement plus simple de travailler à ne plus l’avoir ! Une semaine aurait suffi. On sait qu’il faut trois générations pour faire un gentleman. Il est de la première, et il n’y aura personne après lui, puisqu’il est exclusivement pédé. Tout est dit ! Curieux paradoxe : c’est précisément parce que je parle de Laurent en ces termes qu’Esteban s’inquiète. Il prétend que je ne parle si mal que des gens que j’aime bien. Ce n’est pas entièrement faux. Le blogueur Jugurta est venu lire ce blogue. Il me fait très justement remarquer que, contrairement à ce que je disais l’autre jour, ce n’est pas parce qu’on est circoncis qu’on n’est pas entièrement un homme. Il est vrai que mes paroles sont souvent outrancières quand j’aborde ce sujet. Je n’arrangeais sans doute pas mon cas en lui répondant que j’étais sincèrement, profondément, et même viscéralement, scandalisé par la circoncision. J’imagine à quel point cette dernière phrase doit paraître injuste à quelqu’un de circoncis. Je reconnais néanmoins bien volontiers que c’est moi qui me montre bien limité (et peut-être même limite, pour parler comme la jeunesse, enfin comme les jeunes) en disant une telle chose, le scandale, bien souvent, n’étant pas dans l’objet mais dans la personne qui y voit un sujet de scandale. Si du moins il est vrai que les femmes (toutes ?) préfèrent les sexes circoncis, ce n’est sans doute pas étonnant : étant foncièrement castratrices, je crois bien que, si elles pouvaient dépecer entièrement les hommes, elles s’en donneraient à cœur joie. Elles les envelopperaient d’un film de cellophane et seraient enfin séparées, protégées de leur chair, qui les dégoûte, le plus souvent. De plus en plus, les femmes aiment et veulent des hommes lyophilisés. Signe que les temps changent : les hommes commencent à vouloir se lyophiliser eux-mêmes. C’est déjà fréquent chez les pédés, dont certains se font circoncire ou ne veulent baiser qu’avec des hommes circoncis. Si Houellebecq disait qu’il n’y a pas d’homosexuels, mais des pédérastes, c’est parce que les homosexuels, dans leur grande majorité, moi y compris, préfèrent coucher avec des hommes qui ne ressemblent pas à des hommes : ils veulent des garçons parfaitement glabres, lisses, frais, purs, sans odeurs, sans humeurs et, désormais, sans prépuces. Le ‘‘métrosexuel’’, cette pure création des femmes, qui voudraient que tous les hommes soient pédés, devra sans doute dans un avenir proche se faire circoncire comme il se fait faire des gommages ou des manucures. J’exagère peut-être un peu. Il est vrai que nous ne sommes pas encore un peuple entièrement circoncis. Mais il me paraît tout à fait vraisemblable qu’à cause des femmes, même si leurs dictats sont loin d’être explicites (sont-ils seulement conscients ?), ‘‘un complexe du prépuce’’ finisse par se répandre dans la société comme une véritable épidémie et que, dans deux ou trois générations, il y ait en Europe une majorité d’hommes circoncis, comme aux Etats-Unis. On a commencé à circoncire les garçons de ce pays à une époque où l’on pensait ainsi lutter contre la masturbation, que la morale réprouvait. On circoncira un jour les garçons d’Europe pour ne pas heurter la sensibilité des femmes. Beaucoup de jeunes hommes s’épilent déjà, parce qu’il déplaît à ces dames de voir des poils dépasser des cols de chemises ! Deux morales différentes, l’une patriarcale et bientôt révolue, l’autre partiellement advenue et ‘‘matriarcarle’’ (si c’est bien le mot), auront produit de mêmes effets : la répression du plaisir des hommes par la transformation de leur muqueuse en peau. On coupe de la peau pour créer de la peau qui ne devrait pas exister. Les gestes pour parvenir au plaisir deviennent alors souvent différents selon qu’on est circoncis ou qu’on ne l’est pas, comme ils le sont d’un sexe à l’autre. A tel point que je me demande s’il n’existe pas un troisième sexe : le sexe circoncis. Sexe évidemment très proche du sexe fort, sans doute même, d’une certaine manière, plus fort que lui, mais comme devient plus fort et plus agile le bras gauche, quand on n’a plus l’usage du droit.
01:35 Publié dans 2007, Journal | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
Bon...première chose, pas mal du tout ce petit exposé sur la circoncision...Mais...je dois avouer que je ne suis pas, mais pas du tout, d'accord avec vous, Olivier, les femmes avec lesquelles j'ai eu des relations charnelles, à l'inverse de ce que vous dîtes, n'aiment pas les hommes féminisés par une société devenue matriarcale...même si aux premiers abords elles donnent cette impression, je dirais conventionnelle, de dire "non j'aime pas les machos, je préfère les hommes délicats" c'est de la pure foutaise....plus mes racines d'homme méditerranéen se sont affirmées plus mes relations avec les femmes se sont épanouies et plus les femmes m'ont désiré...je ne veux pas en faire une généralité, ou une loi, je constate juste avec ma petite expérience que ce qu'elles disent en société (les hommes doivent être soumis ou au moins sur le même pied d'égalité que les femmes) elles ne le pensent pas dans l'intimité...elles préfèreront toujours un "vrai" mec., à l'ancienne si l'on veut...mais je peux me planter du tout au tout.....
sur la circoncision j'ai lu un truc pas mal d'un docteur arabe ici:
http://www.sami-aldeeb.com/articles/view.php?id=73
Ecrit par : jugurta | 04/03/2007
Moi aussi, je peux me planter du tout au tout. D'ailleurs, dans le billet précédent, une certaine Katia est venue dire des choses qui vont tout à fait dans votre sens. Et puis, vous vous doutez bien que mon expérience des femmes est des plus restreintes. Je connais surtout ma mère, qui est une Clytemnestre, et la petite amie que j'ai eue pendant trois ans est devenue lesbienne...
Ecrit par : Olivier Bruley | 05/03/2007
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