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05/02/2007

Dimanche 4 février 2007

            Ce doit être la loi des séries ! J’ai découvert ce matin que ma voiture avait été fouillée. On avait volé la façade de mon autoradio, ma carte grise, mon permis de conduire et mon attestation d’assurance. Plusieurs autres objets avaient été jetés sur le trottoir. Esteban me disait bien qu’il ne fallait rien laisser dans sa voiture, mais sans doute attendais-je de m’en rendre compte par moi-même. Quand je suis arrivé au commissariat, qui se trouve d’ailleurs tout près de chez moi et de l’endroit où était garée ma voiture, j’ai remarqué qu’un policier s’était collé sur le front une espèce de petite flèche, avec une ventouse à la place de la pointe… C’est lui qui est venu constater qu’il n’y avait pas de trace d’effraction sur le véhicule. Apparemment, j’avais oublié de fermer la portière à clé. Je croyais que la serrure avait été forcée, mais si tel avait été le cas, m’a dit le policier, elle aurait été très abîmée. La pensée de devoir me rendre un dimanche au commissariat m’ennuyait plus que le fait d’avoir été volé. C’est mauvais signe. J’aurais pu attendre demain, mais comme je n’avais plus les papiers du véhicule ni mon permis de conduire, j’ai préféré faire faire les documents en tenant lieu le plus tôt possible. Les policiers ont été très gentils, mais quand ils m’ont dit que je ne pourrais pas porter plainte pour vol avec effraction ni, donc, faire jouer l’assurance, comme si le plus important était toujours d’être remboursé, j’ai ressenti un profond décalage entre eux et moi, et comme du désespoir à la pensée qu’il était apparemment inutile de porter plainte quand même : pour vol tout court. D’ailleurs, pour une fois, ce n’est pas en songeant à mes seuls petits intérêts que je venais porter plainte, mais bien pour être en accord avec les quelques principes que j’ai ; par exemple, celui de ne pas me laisser voler sans rien faire ; et tout ce que je pouvais faire, en l’occurrence, c’était informer la société dont je suis membre que j’avais été volé. Après tout, ce vol la regarde autant que moi, puisque le vol est interdit. Renoncer à signaler même de tout petits vols, à cause du sentiment qu’on aurait de la profonde inutilité d’un tel acte, ce serait faire momentanément comme si l’on ne se sentait plus un membre à part entière de la société. N’est-ce pas précisément par un tel sentiment que certains voyous justifient leurs crimes ou délits ? S’estimant rejetés par la société, ils prétendent ne plus devoir en respecter les lois. Mais qu’on le veuille ou non, on est toujours tenu de respecter les lois de la société à laquelle on appartient de fait ; on doit également tenir au respect par tous et pour tous des lois de la société ; c’est encore le meilleur moyen de se faire chacun respecter d’elle. Il arrive qu’elle aussi manque à ses membres. Le véritable scandale n’est pas que le bien qui a été volé au fils d’un ministre soit retrouvé grâce à de plus grands moyens que d’ordinaire, mais que tous les moyens ne soient pas mis en œuvre pour retrouver le bien volé de n’importe quel citoyen.

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