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25/09/2006

Lundi 25 septembre 2006

            Un salon des antiquaires était organisé ce week-end à Mont-de-Marsan. J’y étais allé une première fois vendredi et j’avais remarqué une reproduction en biscuit de Sèvres de cette statue représentant un esclave s’enlevant une épine du pied que j’avais vue au Pergamonmuseum de Berlin, et dont je m’étais d’ailleurs souvenu pour donner à la relation de mon voyage en Grèce son titre : La Couronne et l’Epine. Mais la statuette coûtait 300 EUR. C’était trop cher pour moi. Je suis donc retourné hier à ce salon avec ma mère et la lui ai fait acheter, en lui expliquant que ce serait son cadeau pour mon anniversaire, qui tombe dans un peu plus d’un mois. Avec un peu de chance, d’ici-là, elle aura complètement oublié ce premier cadeau, et m’en fera un second. J’ai posé l’objet sur le meuble qui sert de table de chevet dans ma chambre. Ce sera un peu de lumière dans cette pièce sombre que j’ai voulue entièrement grise, pour y trouver plus facilement le sommeil.

 

La statue de Berlin

Statuette

Commentaires

Pour fêter leur vingt ans de jumelage avec La Crosse, ville du Wisconsin, Epinal pensait avoir trouvé le cadeau idéal : une statue. L’œuvre nommée, Le Pinau, inspirée de la légende fondatrice de la ville lorraine, représente un jeune garçon assis et entièrement nu entrain d’extraire une épine de son pied. Tout d’abord heureux du présent, La Crosse fut fortement embarrassée après l’avoir installé sur son socle. En effet, un concitoyen s’est alors aperçu que la virilité du jeune homme était visible pour les personnes se plaçant sous la colonne. En conséquence, la municipalité décide alors rapidement de couvrir la statue avant de la présenter au public. Drapé de bronze, feuilles de vigne ou de figuier, de nombreuses solutions sont envisagées. Mais, après plusieurs mois de discussions, de consultations avec les habitants et les artistes locaux, le conseil municipal a fait machine arrière au nom de l’amour de l’art et surtout de l’amitié franco-américaine. Ainsi, les 200 personnes présentes dont la délégation spinalienne lundi à l'inauguration ont pu admirer une œuvre non retouchée. Afin de celer leur échange, la bourgade du Wisconsin enverra à la ville des Vosges une reproduction de sa statue "Lacrosse Players", trois personnages jouant à la crosse (sorte de hockey) eux complètement habillés.
(Le petit futé, juillet 06)
J'ai beaucoup beaucoup aimé Epinal, et son petit Pinau !

Ecrit par : les-melis-melos-de-maola | 25/09/2006

Il est enviable de pouvoir vivre dans la proximité d'un tel objet (j'entends : qui est parvenu chez vous selon un mode tel que celui que vous décrivez ici). L'acquérir, quand vous vous trouvez face à l'opportunité de le faire, est plus urgent, plus nécessaire que le pain qui vous nourrira quelques jours. Je comprends votre transaction avec votre mère. D'autres, moi, vous en d'autres circonstances, aurions pu et dû nous endetter, ou… le voler. Cette légitimité est très difficile à faire partager et j'ai parfois le sentiment que nous sommes assez peu à ressentir ainsi cette présence des choses, plus encore que des êtres.
Guibert évoque quelques tableaux qu'il a acquis, comme vous cette splendeur (mais cette splendeur relève, pour chacun, de la plus intime certitude, c'est la splendeur du for intérieur, peu transmissible, peu partageable).
Je vous envie cette joie pure.

Ecrit par : Dominique Autié | 26/09/2006

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