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13/09/2006

Mardi 12 septembre 2006

            J’ai déjà dit, je crois, que j’avais divisé le secteur dans lequel je distribue mes prospectus en plusieurs circuits. Or l’un de ces circuits correspond justement au parcours qu’une espèce de cycliste amateur effectue sans doute plusieurs fois par semaine, parce que ce n’est pas la première fois que je le croise. C’est peut-être même bien la vingtième (au moins !), car ce garçon n’en finit pas de tourner autour du pâté de maisons, sur son peu viril vélo de ville : il doit passer devant moi toutes les six ou sept minutes environ. J’imagine qu’il essaie de perdre du poids, car il est un peu grassouillet : disons qu’il a juste ce qu’il faut de gras pour que j’y trouve du charme, même si, d’habitude, je préfère les grands minces (aux ‘‘visages d’Aryens’’, s’empresserait d’ajouter Esteban, qui n’a aucun goût et ne supporte pas d’entendre parler allemand, ai-je remarqué presque par hasard, lors de notre séjour à Barcelone, tandis que nous entreprenions de baiser dans sa chambre, alors que la télévision étant encore allumée se mettait soudain à cracher des sons germaniques : il se mit à pousser un terrible hurlement qui, pour une fois, n’était pas causé par moi. Je comprends d’autant moins son dégoût que, sa mère étant Autrichienne, on pourrait presque dire que l’allemand est la langue maternelle d’Esteban…) Pour en revenir à mon cycliste, ce que je lui trouve de charmant (touchant serait plus juste), c’est qu’il s’efforce de perdre ce peu de gras que je disais. S’il avait l’air de s’en satisfaire, j’en serais sans doute profondément dégoûté. Quand il arrive à mon niveau, il me jette un petit regard difficile à interpréter et il a des joues toujours un peu plus rouges, sans doute à cause de l’effort, mais je préfère me dire que c’est son trouble, et sa confusion, qui s’intensifient à chaque nouveau passage devant moi. Je ne serais pas étonné qu’il soit de la pédale, même lorsqu’il n’est pas sur son vélo. Il y a aussi quelque chose de très émouvant dans ses cheveux, qu’il porte courts. Il me semble que ce garçon est du genre à se coiffer soigneusement. Mais lorsque je le croise, ses cheveux, apparemment très fins, sont tout ébouriffés par la sueur et le vent. On voudrait y porter la main ou  les peigner. Sur le terrain de football près duquel je gare ma voiture (au point de départ et d’arrivée dudit circuit), les internes du lycée tout proche viennent courir, le soir, avant de se coucher. Leurs torses nus luisent dans la pénombre. On les entend s’essouffler. Le midi, d’autres lycéens (je préfère me dire que ce ne sont pas les mêmes) viennent hanter un petit supermarché où je me rends parfois. Ils ont l’air idiot, font beaucoup de bruit et prennent énormément de place. Sur le site du parti de l’In-nocence, dans son éditorial du 1er août 2006, intitulé Que va-t-il se passer ?, Renaud Camus semblait craindre que ne finisse par s’imposer en France « le rapport ‘‘arabo-musulman’’ à l’espace, […] à la ville, à l’immeuble, au hall d’immeuble, […] au trottoir, au regard, à l’objet, au détritus, etc. ». En réalité, ce rapport existe déjà et s’impose en effet, mais c’est celui de presque toute la jeunesse et pas seulement des Arabes (il est vrai que la jeunesse affecte souvent de suivre les épouvantables mœurs des ‘‘cités’’, où vivent justement tant d’Arabes !). A propos d’Arabes, j’avais oublié de parler de l’arrêt que nous fîmes, Esteban et moi, lors de notre retour de Bilbao, sur une aire d’autoroute, en Espagne, à quelques kilomètres de la frontière française. L’endroit était littéralement envahi d’Arabes et nous étions probablement les seuls non arabes, avec le personnel espagnol. J’imagine que tous ces gens revenaient du Maroc. C’était un spectacle très déplaisant, angoissant même, oppressant. A un moment, un enfant qui courait dans tous les sens (mais tous les enfants couraient en hurlant) est venu se heurter à moi. J’ai dû avoir un geste de recul et une expression de grand dégoût sur le visage (je déteste tous les enfants, et pas seulement ceux des Arabes) car la mère de l’abominable petit être, dont le très beau visage était serré dans un foulard, m’a lancé un regard… indéfinissable… terrible… plus exactement, c’est moi qui préfère ne pas définir ce regard, parce que cela reviendrait à jeter sur moi un jour par trop hideux. Je me montre déjà bien assez détestable comme ça. Il est inutile d’en rajouter !

Commentaires

Salut !

Pas mal le texte, mais as-tu quelques choses en vers les personnes qui ont du surpoid.

Ecrit par : edi | 14/09/2006

Mais pas du tout, cher ami, d'ailleurs je n'en connais pas. S'il s'en trouve qui ont de grosses bites, je suis tout prêt à faire connaissance avec eux. Mais maintenant que j'y pense, j'ai déjà couché avec un garçon qui se qualifiait de ''fort'', une fois: il embrassait très bien, et Dieu sait pourtant si je n'aime pas ça, embrasser.

Ecrit par : Olivier Bruley | 14/09/2006

Es-tu raciste ou n'es-tu que qu'un célibataire qui navigue entre l'ennui et l'arrogance en se piquant d'avoir de l'esprit?
50 lignes pour décrire un cycliste sans mystère et communiquer ton dégoût des arabes, c'est à la fois beaucoup et bien pauvre.
Quel dommage que le cycliste grassouillet n'ait pas eu la grosse bite qui t'aurait peut-être procuré une insiration plus heureuse et t'aurait permis d'éviter de te montrer sous ce jour détestable de petit bourgeois raciste et sans arguments.

Ecrit par : delphie | 17/09/2006

Maintenant que tu nous à montré la profondeur de ton esprit, avec tes belles paroles, je peux, si tu le souhaites, glisser mon meilleur argument entre tes autres lèvres, celles qui ne te servent pas à dire toutes ces conneries, mais à en faire, si j'ose dire, histoire de voir si tu as le con plus profond que la pensée, ce qui est certainement le cas, si j'en juge par tes manières de petite pute mal baisée. Retourne donc sur ton trottoir et nous laisse entre pédés, connasse.

Ecrit par : Olivier Bruley | 18/09/2006

Au vu de cet aimable échange, je me demande s’il existe, inscrite dans la constitution ou ailleurs, une obligation d’aimer les arabes. Je note qu’en Europe, le racisme idéologique est, comme la police, devenu de proximité. Dans les années trente on prônait la supériorité de la race blanche sur toutes les autres races. La conséquence en était, dans le meilleur des cas, la mise à niveau des autres races (colonisation), dans le pire des cas leur élimination (nazisme). C’est ce que j’appelle racisme idéologique : on insufflait dans l’esprit des occidentaux, l’idée de leur supériorité. C’était un postulat d’autant plus invérifiable, que personne, ou presque, n’avait à l’époque la moindre idée de ce à quoi pouvait bien ressembler un arabe, un noir ou un asiatique.
Aujourd’hui, plus aucun européen (ou presque) ne se sent sérieusement supérieur du fait de sa seule appartenance à la race blanche. Les conflits ont glissé de la race vers l’ethnie. Cet ethnocentrisme pourra prendre des formes bénignes : un parisien pourra mépriser un bordelais, un habitant de Burnhaupt le Haut pourra regarder de haut un habitant de Burnhaupt le Bas, sans que ne coule le sang. Chacun se découvrira des vertus du seul fait de son lieu de naissance ou de résidence. Cet ethnocentrisme pourra prendre des formes plus visibles quand seront mis en présence des européens avec des habitants d’autres régions du monde. C’est le racisme de proximité dont je parle au début. Fait de méfiance et d’incompréhension plus que de haine, ce racisme ne résistera pas longtemps à une intégration bien menée, l’intégration étant la marque indubitable que l’éthiquement étranger fait allégeance à la culture de son nouveau pays en la faisant sienne. Par contre si l’étranger persiste à ne pas vouloir adopter les us et coutumes de son pays d’adoption, il fera l’objet d’un indubitable rejet des européens d’origine qui se trouvent obligés de vivre à son contact. Ils ne rejettent pas tant l’arabe, le noir ou l’asiatique, que son entêtement à vouloir rester algérien, malien ou pakistanais, alors même qu’il a choisi de quitter durablement sa patrie.
Ainsi, ce qui dans ce restaurant provoqua en Olivier une telle réaction de rejet à la vue de ces arabes, ne fut pas précisément le fait qu’ils fussent arabes mais qu’ils le fussent avec autant d’ostentation en se revêtant de jellabahs et de foulards. S’ils avaient été vêtus de jeans et de T-shirts, il ne les aurait probablement pas remarqués.
Pour terminer, je dirai que le rôle joué par les associations (MRAP, etc…) est contreproductif. A force de mettre tous les immigrés et tous les français originaires de l’immigration dans le même sac et en faire les victimes d’un holocauste imaginaire, elles accréditent la thèse que cette population étant majoritairement marginalisée et que la politique d’intégration ayant été un échec massif, elle représente un danger alors même qu’un pays comme la France ne saurait, plus, aujourd’hui, s’en passer. Je sais. Quelques milliers de voitures ont brûlé en novembre dernier. Mais si toutes les populations d’origine étrangère résidant en France avaient voulu envoyer un signal fort de rejet de leur pays d’adoption ce sont des millions de voiture qui auraient brûlé.

Ecrit par : esteban | 18/09/2006

Il serait intéressant que tu nous expliques en quoi ces immigrés sont une population dont un pays comme la France ne saurait plus se passer aujourd'hui... Parce que dit ainsi, de but en blanc, ce n'est pas très clair. Je me rappelle que tu m'avais expliqué un jour que les immigrés, les "régularisés" (qui n'ont pas la nationalité française) comme les clandestins, étaient indispensables au bon fonctionnement de notre économie, ce que je conçois aisément. Mais est-ce à dire qu'il faudrait accueillir toujours plus d'immigrés, pour qu'il y ait toujours plus de consommateurs, dont il faudrait faire en quelque sorte régulièrement le plein, comme d'un carburant au moteur de l'économie? Ou peut-on estimer qu'il est temps de faire cesser l'immigration en France, clandestine ou pas, quand même ce serait impossible, à ce que disent certains? D'ailleurs, je crois me souvenir que tu m'avais dit aussi, mais une autre fois, être d'accord avec cette idée que défend en particulier Renaud Camus qu'il serait bon que la croissance démographique cesse... Tu dis toi-même que nous sommes trop nombreux. Tu m'as même un jour parlé avec nostalgie du tourisme comme il se pratiquait, j'allais dire: "de ton temps", quand il n'y avait pas encore ces foules partout et qu'on n'avait pas à faire la queue à l'entrée des musée, etc. De ton temps, on aurait pu visiter le musée picasso de Barcelone, parce qu'il n'y aurait pas eu une telle queue à l'entrée. Par contre, c'est vrai, il n'y aurait pas encore eu de musée Picasso à Barcelone... Mais bon, on ne peut pas tout à avoir, non plus!

Ecrit par : Olivier Bruley | 18/09/2006

"Il n'y aurait pas encore eu de musée Picasso à Barcelone" Olivier veut dire que dans les années soixante dix, l'Espagne étant encore franquiste, Picasso n'avait pas droit de cité dans les musées et non pas que Picasso n'était pas encore né à l'époque où je commençais à visiter l'Espagne!

Ecrit par : esteban | 18/09/2006

Ah? Je te croyais plus vieux...

Ecrit par : Olivier Bruley | 18/09/2006

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