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05/09/2006
Lundi 4 septembre 2006
Je n’ai plus écrit dans ce journal depuis mardi dernier, remettant toujours au lendemain le rapport de mes journées passées avec Esteban, lequel est reparti samedi pour son île du bout du monde. Aussitôt après son départ, je suis tombé malade. Sans doute voudra-t-il voir dans cette maladie, lorsque, rentré chez lui (mercredi), il pourra me lire de nouveau, la manifestation physique de quelque douleur morale causée par notre séparation. Et, qui sait, peut-être aura-t-il raison : je serais si incapable de ressentir moralement cette douleur qu’elle n’aurait d’autre moyen d’exister que physiquement ! Toujours est-il que le soir même, j’eus beaucoup de fièvre.
StrÒfoj m' œcei t¾n gastšr ðner kçdÚnh (Aristophane, Th., 484).
Je tremblais si fort que je ne pouvais plus contrôler mes gestes. Tout ce que je pouvais faire, c’était me coucher. Pendant la nuit, je me réveillai plusieurs fois, trempé de sueur. Le lendemain, j’avais toujours de la fièvre, et des maux de têtes. Je ressentais que tout mon corps luttait contre une infection dont aucun médecin ne me dira le nom. J’en guérirai bien tout seul. Déjà, je me trouve mieux. Mais hier, j’étais épuisé. Je me sentais terriblement périssable : comme si j’avais oublié jusqu’alors que j’étais mortel. Et j’étais conscient que les fièvres et douleurs que j’avais étaient bien peu de choses à côté de celles dont la nature s’amuse à nous affliger avant de nous laisser mourir, puis pourrir. Cette cruelle pousse même le vice jusqu’à nous faire pourrir avant notre mort. C’est ce pourrissement de moi que je ressentais si vivement hier.
(Pour lire la citation grecque, on peut télécharger la police GREEK.TTF à cette adresse : ftp://ftp.ac-toulouse.fr/pub/lettres/grec/greek.ttf)
03:00 Publié dans Journal, Stéphanophorie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Commentaires
"Je ressentais que tout mon corps luttait contre une infection dont aucun médecin ne me dira le nom"...
Je reste sans voix devant ta bêtise, ce matin. Quel dommage de donner à Emmaus ta belle collection de livre alors que tu n'avais même pas quarante ans.
Allons, allons, au toubi' !
Ecrit par : ron | 05/09/2006
Pas la peine, je vais mieux. Si aujourd'hui, j'avais été dans le même état qu'avant-hier, je serais sans doute allé consulter un médecin. Mais là, franchement, ce serait jeter l'argent par les fenêtres. Je me sentais seulement mortel, Ron, pas mourant.
Ecrit par : Olivier Bruley | 05/09/2006
Ok :)
Alors, ne reste qu'à écrire le compte-rendu.
Au trot, au trot, j'attends ça comme le pain béni.
Ecrit par : ron | 05/09/2006
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