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28/08/2006
Dimanche 27 août 2006
Il est faux de dire que les églises ne sont plus fréquentées. Elles le sont fort, mais par les touristes. Nous ne sommes guère restés longtemps dans la cathédrale de Barcelone, ou Basilica de Santa Eulalia, à cause de la foule qui s’y pressait. Il y avait un garde à l’entrée, dont la principale fonction était de demander à la jeunesse en casquette de se découvrir avant de pénétrer dans la ‘‘maison du Seigneur et porte du ciel’’, comme il était gravé sur le lourd battant de bois : Domus Dei et porta coeli. Dans le cloître, nous avons regardé pendant un moment les oies blanches de la fuente de las ocas. Un peu plus tôt, nous avions aperçu une petite vieille qui allumait un cierge. Au milieu des flashes, sous les centaines de regards sans feu qui ne la voyaient pas, elle semblait tout éteinte. Une ombre blanche est passée, comme un fantôme : c’était un prêtre. Il y avait beaucoup trop de monde à l’entrée du musée Picasso, dont la bizarre situation ne fait augurer rien de bon : on a relégué ce ‘‘pauvre’’ Picasso dans un sombre passage du quartier gothique. Je ne peux rien en dire d’autre : le musée n’existait évidemment pas en 1959, année où fut publié mon Guide Bleu et où Franco avait encore un peu plus de quinze ans à vivre. « J’ai bien assez de ta queue, ai-je grossièrement dit à Esteban, pour subir encore celle de tous ces touristes ! Nous nous passerons donc de picassoteries pour cette fois ! » A la Sagrada Familia, il y avait encore plus de monde qu’à Sainte-Eulalie. Des grues de chantier se dressaient autour des flèches, une forêt de tubulures et d’échafaudages foisonnait à l’intérieur, lesquels, peut-être, curieusement, participaient de la bizarre beauté du lieu. Des distributeurs de boissons étaient les seuls troncs de cette église. Nous n’avons pas visité non plus la Casa Milà à cause, là encore, de l’importante foule qui attendait de pouvoir y entrer. J’avais été bien déçu, hier, en constatant que la Plaza de toros (dite ‘‘Las Arenas’’), qui se trouve sur la place d’Espagne, était actuellement en pleine rénovation. Mais cet après-midi, comme nous nous rendions à la Sagrada familia, nous sommes passés devant d’autres arènes, dites ‘‘monumentales’’, où se donnait justement à six heures une corrida, la première à laquelle assista Esteban. Nous fûmes accueillis par de ces nouveaux barbares (fossoyeurs de la culture locale) qui voudraient voir interdites les courses de toros. Il paraît qu’il y a en Catalogne beaucoup d’ennemis de la corrida. J’ai même entendu parler d’un projet de loi qui l’interdirait dans la comunidad.
02:05 Publié dans Journal, Stéphanophorie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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