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27/08/2006

Samedi 26 août 2006

Nous sommes arrivés hier soir à Barcelone, après un vol d’une petite heure dans un avion minuscule, « de la taille d’un jet privé », selon Esteban. Je l’avais rejoint à l’aéroport de Bordeaux mais étais arrivé trop tard pour l’accueillir à sa descente d’avion, ayant préféré au taxi (par souci d’économie) un bus faisant la navette entre la gare et l’aéroport, mais qui prit énormément de retard, à cause du chauffeur, qui était une femme, meilleure conductrice que caissière : elle avait le plus grand mal à rendre leur monnaie aux passagers qui ne cessaient d’être plus nombreux à se présenter à mesure que l’heure tournait. A Barcelone, le chauffeur du taxi qui nous conduisit à notre hôtel ayant remarqué que nous étions français nous demanda, comme nous passions devant une FNAC, quelle était la façon de prononcer ce mot en France. « FNAC, répondit Esteban, comme vous avez dit. » Et le Catalan d’ajouter, conscient de sa supériorité, que les Madrilènes, ces Béotiens, que dis-je, ces barbares, prononçaient : « Fénac ». L’hôtel est très à mon goût, plein de charme, mais Esteban, qui est devenu fort regardant depuis qu’il ne peut plus faire montre des mêmes largesses que naguère, le trouve bien en dessous des prétentions que laissent supposer le prix des chambres… Il me trouve amaigri, voire cadavérique, moi qui pensais avoir encore grossi. N’en pouvant plus de la continence à laquelle le condamne la vie insulaire, il ne craignit pas de s’exposer à la contagion. Aujourd’hui, nous sommes allé à Montjuich (comme il est écrit dans mon vieux Guide Bleu  (où c’est le castillan qui est encore en vigueur)), c’est-à-dire à Montjuïc (selon La Guía Verde d’Esteban, écrite en castillan, mais donnant en Catalan les noms de lieux), autrement dit au ‘‘Mont Juif’’, montaña de los judíos (Guide Vert), Mons Judaicus (mon guide), à moins qu’il ne s’agisse (toujours selon mon guide) d’un Mons Jovis. J’étais étonné de constater qu’en 1959 (date de publication de mon guide), Montjuich, culminait à 213 mètres, alors qu’aujourd’hui (selon le guide d’Esteban), l’altitude de Montjuïc n’est plus que de 173 mètres. Que s’est-il passé entre temps ? Aucun guide n’en parle. Nous avons visité la Fundació Joan Miró. Dans les toilettes du musée, comme j’étais en train de me sécher les mains, que je lave désormais même avant de me saisir de mon organe (car Esteban, à qui je lis ces phrases à mesure que je les écris, n’aime pas m’entendre dire ni queue ni bite !), un jeune homme est venu se placer devant l’urinoir le plus proche du distributeur de papier devant lequel je me trouvais. Il a ouvert sa braguette. Je n’ai rien vu. Mais j’ai senti une odeur qui, sans être mauvaise ni trop forte, était néanmoins très caractéristique et m’a fort ému. Ne fréquentant guère ces sortes de lieux, je ne soupçonnais pas qu’ils pouvaient réserver de telles surprises.

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