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08/08/2006

Lundi 7 août 2006

            La seule et unique fois que ma chienne Pélagie est allée chez la toiletteuse, je l’ai retrouvée presque éborgnée. Elle avait du sang dans l’œil, sans doute, avait dit le vétérinaire, à cause d’un coup, qu’elle s’était peut-être donné elle-même. La séance chez la toiletteuse avait duré une heure, mais je n’avais assisté qu’à la première moitié, assez longtemps, toutefois, pour me rendre compte que la chienne n’était pas correctement attachée sur l’espèce de table haute à laquelle la bonne femme opérait. Je n’avais fait aucune remarque mais, après coup, je m’étais persuadé que Pélagie, mal attachée, était tombée dans le vide pendant que la toiletteuse avait le dos tourné, et que, encore accrochée par le cou, elle s’était cognée au coin de la table. La femme n’ayant pas jugé bon de me dire ce qui s’était passé, j’avais décidé qu’à l’avenir, ce serait ma mère, avec mon assistance, qui toiletterait Pélagie. J’épargnais ainsi ma chienne et mon argent. Seulement, cet après-midi, un coup de ciseaux mal placé a fait dans la chair de l’animal une entaille d’un bon centimètre et demi de longueur. J’ai dû me rendre chez le vétérinaire, qui a refermé la plaie avec quatre agrafes pour 37 EUR. Avant-hier, c’était moi qui avais rendez-vous avec le toiletteur pour êtres humains. En échange de 20 EUR, le coiffeur me faisait une coupe de cheveux et la conversation, dans la bonne humeur et les éclats de rire (car mon coiffeur me fait toujours beaucoup rire et moi lui). Je ne sais plus comment nous en sommes venus à parler d’Esteban. Mon coiffeur estimait que la différence d’âge, ce n’était pas facile à vivre. Il en savait quelque chose, pour être déjà sorti, me dit-il, avec une personne âgée ! C’est un coiffeur… Il voulait dire avec une femme plus âgée, je pense. Mais j’ai beaucoup ri, en entendant cette malheureuse expression, parce que j’imaginais la rage qu’éprouverait Esteban en la trouvant dans ce blogue. « Mais voyons, dus-je préciser, hilare, ce n’est pas un vieillard, il n’a que cinquante ans, vous savez ! » Assurément, Esteban détesterait mon coiffeur, qui est pourtant bien agréable à regarder et qui pratique, m’a-t-il dit, le naturisme. Plus exactement, il aime les plages sauvages, « parce qu’on peut s’y mettre à poil. » Ça m’a laissé rêveur. Un jour, mon coiffeur m’avait parlé d’un ancien camarade de classe qu’il avait retrouvé, après des années, transformé en femme. Curieux, il avait demandé à la femme si elle voulait bien lui montrer son nouveau sexe, ce qu’elle avait fait bien volontiers. « C’est incroyable, comme c’est bien fait, m’avait dit le garçon, on ne voit rien, ça fait vraiment comme une femme. » Quelle époque ! Les garçons peuvent devenir des filles mais les hommes de cinquante ans sont condamnés à passer pour des vieillards.

Trackbacks

Olivier in extenso 4

Comme Olivier a déjà rédigé, souvent en ma compagnie, le journal de notre équipée catalane, ne voulant point redire la même chose que lui, j’ai eu l’idée de reprendre (avec son accord), in extenso, son texte entre guillemets et y glisser des commentair...

Trackback par : Manutara | 17/09/2006

Commentaires

Il y a trois ou quatre ans, lors d’un voyage en France, j’étais allé me faire couper les cheveux (parce que j’ai encore des cheveux). Le coiffeur était un jeune homme d’une vingtaine d’années, un de ces grands blondinets bouclés dont la seule vision te met en état de transes. L’animal devait être en rut. Pendant la demi-heure que dura le coupe de cheveux, il se frotta avec insistance contre moi avec la vigueur d’une carotte sur une râpe, tout en m’entretenant de sujets anodins, malgré les rappels à l’ordre irrités que lui prodiguait son collègue occupé à enduire furieusement d’une substance visqueuse la chevelure d’une dame d’un certain âge. Auparavant, le garçon avait insisté pour me laver les cheveux, que j’avais fort propres. Pour régler l’espèce d’abreuvoir, destiné à éviter que l’eau ne coule dans le cou du client, il n’hésita pas à venir se mettre à califourchon sur moi, sa braguette à la hauteur de mon visage. Quand enfin il eut fini et qu’il m’eut retiré l’espèce de robe de pénitent utilisée pour recueillir les cheveux dans leur chute, il déboutonna ma chemise et m’épousseta de sa petite brosse jusqu’au nombril. Evidemment je gardai pendant toute l’opération mon flegme légendaire et adoptai le comportement de celui qui n’avait rien remarqué. Avant de me tendre le ticket de caisse, le coiffeur y griffonna au dos ce qui ressemblait fort à un numéro de téléphone. Evidemment, je ne donnai aucune suite à la proposition de l’insolent….

Ecrit par : esteban | 08/08/2006

Esteban est un tel sauvage qu'il ne sait même pas que l'usage, quand on est chez le coiffeur, est de laver d'abord les cheveux, même s'ils sont propres; du moins les mouille-t-on, pour en faciliter, je crois, la coupe. Il ne savait pas non plus, apparemment, que lorsqu'on laisse un garçon se mettre à califourchon sur soi sans rien dire, l'usage est alors qu'il se frotte avec vigueur, en effet, colle sa braguette contre le visage et... Et pour connaître la suite, il aurait fallu lui téléphoner... As-tu gardé son numéro? j'aimerais bien l'avoir pour coiffeur, celui-là, il n'a pas l'air bien farouche. Finalement, il n'y a pas qu'aux femmes que tu plaises! C'est bien la peine de dire toujours tant de mal de la jeunesse! Pourquoi donc, puisque tu la séduis sans même y penser?

Ecrit par : Olivier Bruley | 09/08/2006

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