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03/08/2006
Mercredi 2 août 2006
J’ai rêvé, cette nuit, que, chirurgien, j’avais à opérer ma propre sœur. Plus exactement, celle-ci voulait se faire refaire les seins, et moi, pour lui faire une surprise, j’allais l’opérer la nuit, en douce, dans sa chambre, pendant son sommeil. Je pratiquais deux énormes entailles sous chaque sein, en en suivant bien la courbe. Mais pour une raison que j’ai oubliée, je ne pouvais pas terminer l’opération. Je n’avais le temps de recoudre qu’une seule plaie, avec un gros lien de cuir. Le lendemain, à son lever, ma sœur ne comprenait pas ce qui lui était arrivé. Elle voulait aller porter plainte contre X, un peu comme si elle avait été violée. Moi, je me taisais. Je lisais l’autre jour, dans Le Sexe et l’Effroi que « le soi le plus intime de l’homme (vir) n’est jamais à l’intérieur de sa tête ni dans les traits de son visage : le soi est là où va la main masculine quand le corps se sent menacé. » (C’était d’ailleurs sans doute ce que tentait de dire, à sa manière, le personnage de De la bouche des enfants, à propos de l’émasculation de son amoureux : « Ça m’a donné l’impression qu’ils étaient en train de le tuer avant de le tuer ».) J’ignore quelle espèce de grand bouleversement s’opère en moi, dont je ne serais pas entièrement conscient, mais toujours est-il que ma pauvre mentula présente tous les signes de quelque maladie honteuse. Cela est d’autant plus étrange que la dernière fois que j’ai baisé remonte, découvré-je aujourd’hui, en cherchant dans ce journal, au 21 juillet 2005 ! Plus d’un an ! Je n’en reviens pas. Je ne m’étais pas rendu compte qu’il s’était écoulé tant de mois. Bien sûr, entre temps, il y a eu Esteban. Mais il ne compte pas vraiment puisque la dernière fois qu’il avait baisé avec un homme, avant de me rencontrer, remontait à vingt ans ; et à sept ans avec une femme. Je doute donc fort que ce soit lui qui m’ait transmis une maladie vénérienne, s’il s’agit bien de cela, d’ailleurs, puisque cette maladie apparaîtrait bien longtemps, tout de même, après ma dernière coucherie. Je vais devoir consulter un médecin, et j’en serai de ma poche, puisque de nouveau, (j’avais oublié de le dire) je n’ai ‘‘plus de sécu’’, pour parler vite. Et si je ne suis pas guéri pour Barcelone, Esteban risque fort d’être désappointé. Je lui disais l’autre jour, pour le taquiner, qu’à sa manière, il pratiquait une sorte de tourisme sexuel, puisqu’il venait en Europe pour baiser avec moi. A quoi il avait répondu que non, qu’il ne venait pas du tout pour baiser avec moi, pas plus que pour manger d’ailleurs ; mais que pourtant, il déjeunerait et dînerait avec moi, comme il est naturel… Cela, je le sais bien, mais tout de même, je ne puis m’empêcher de penser qu’il aurait bien le droit d’être un peu désappointé de me trouver avec une queue bonne à rien. Et surtout, je ne puis m’ôter de l’esprit que mon fascinus est le premier instrument de mon pouvoir sur lui, pouvoir qu’il ne me reconnaît pas le moins du monde, évidemment, et peut-être à raison, d’ailleurs, mais qu’importe ? Le plus important est de se sentir puissant.
03:30 Publié dans De la bouche des enfants, Journal, Rêves | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Commentaires
Euh, après juillet, normalement, c'est août. Juillet ne recommence que l'année suivante. :o)
Ecrit par : Monsieur Népomucène, lecteur attentif | 03/08/2006
En effet, je vais corriger de ce pas. Merci, Népo.
Ecrit par : Olivier Bruley | 03/08/2006
Cela vous apprendra à opérer votre soeur sans gants !?
Super bisous !
Ecrit par : radouL | 04/08/2006
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