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28/07/2006
Jeudi 27 juillet 2006
J’ai reçu aujourd’hui le Guide Bleu paru en 1959 : Barcelone et la Catalogne. Page 9, citation d’un certain J. Sermet : « Laborieux, constants, durs au travail, acharnés au gain, les Catalans sont, pour l’essentiel, commerçants, boutiquiers, employés ; à un degré supérieur, hommes d’affaire. Partout où se trouve un Catalan, il fait de l’argent. Traits tellement marqués qu’on est tenté d’y voir un fait de race et que l’on reconnaît presque à coup sûr un Catalan avant même qu’il ait parlé ». Ce n’est probablement pas dans un guide d’aujourd’hui qu’on trouverait ce mot de race. Du moins ne parlerait-on sûrement pas de ‘‘fait de race’’. (Un jour, devant mon professeur de grammaire latine, j’avais malencontreusement parlé, par paresse, il est vrai, de ‘‘génie de la langue latine’’. Que n’avais-je pas dit ! Et quelle mercuriale ! Mais il était alors évident que mon professeur ne me grondait pas tant pour la facilité de l’expression que j’avais choisie et qui, sans doute, en grammaire, n’a pas grand sens, que pour ce qu’elle avait d’idéologiquement déviant. Génie est à la langue ce que race aux hommes. Il n’y a plus de race que chez les taureaux (toros) et les chiens !) Comme je le pressentais, ce guide pourrait être à lui seul un voyage, un voyage dans le temps. Il serait amusant de relever les changements qui se sont produits depuis 1959. Par exemple, je doute que le 1er octobre, Día del Caudillo, soit encore un jour férié. Je me demande s’il y a toujours, à Barcelone, l’avenue du Généralissime, ou le Paseo du général Mola.
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Commentaires
Vous comptez donc parmi le petit cercle, vite dénombré, de ceux qui tiennent qu'un guide pour touristes n'a d'intérêt que "périmé", de même qu'une bonne bibliographie n'est constituée que d'ouvrages depuis longtemps indisponibles dans le commerce.
Vous n'allez pas vous faire que des amis – mais Ieurre non plus ne sollicite pas les bonnes grâces de son entourage. Voilà longtemps que je songe à dire quelques mots de ce qui constitue, certainement, le plus beau roman (ce fut le premier publié) de Pascal Quignard.
La cohérence est grande en tout cas, me semble-t-il, et enviable, de Carus au Guide Bleu de 1959.
Ecrit par : Dominique Autié | 28/07/2006
Et moi (au fait, bonjour cher confrère), j'avais lu je ne sais plus où et à propos de je ne sais plus trop qui (Anatole France, peut-être) : "un conteur de grande race", expression qui m'apparaît plus heureuse que la sauce habituelle de la novlangue contemporaine, du genre : "il a enfin démocratisé la langue française, trop bougeoise et élitiste", ou encore "il a enfin déconstruit la culture bourgeoise soumise aux diktats de la beauté"...
Ecrit par : all-zebest | 30/07/2006
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