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24/07/2006
Dimanche 23 juillet 2006
Que de monde il y avait chez moi, hier soir : ma mère, mon père, son amie, Julie et Julien, qui étaient venus chercher la fameuse machine à laver le linge qui fut la cause d’un accès de folie de ma sœur, l’autre jour. Décidément, je n’aime vraiment pas recevoir de gens chez moi, pas même de membres de ma famille. Je lisais cet après-midi dans Le Sexe et l’Effroi : « L’âme est une chambre intériorisée. Une alcôve secrète et insonore devint l’idéal de l’ermitage épicurien de Pline de Côme. De villa en villa, Caius Plinius Caecilius Secundus ne cessa de mettre au point sa zôtheca. La peinture se dit en grec zôgraphia. La bibliothèque est devenue son âme (zôtheca). Ce mot en grec veut dire « lieu où ranger la vie » (alcôve, petite chambre). » (Pascal Quignard, Le Sexe et l’Effroi, Gallimard, 1994, coll. Folio, page 179.) Comme je ne reçois personne dans ma chambre (hélas), ni dans la cuisine, ni dans la salle de bain (et encore moins dans le véranda, qui est un véritable sauna, en cette saison), c’est nécessairement dans le salon que je dois installer mes rarissimes visiteurs, salon qui est, en réalité, une bibliothèque : le lieu où je passe le plus clair de mon temps, du moins quand je suis chez moi (car l’été, je suis souvent chez ma mère, dans la piscine ou au bord). C’est dans cette ‘‘zôthèque’’ que je vis réellement. Elle est la demeure de mon âme, ma « domus intime » (ibid.). Et pourtant, depuis quelques jours, la température ambiante est tellement plus élevée que d’ordinaire, puisque c’est la canicule, qu’il va falloir que je me contredise. Il fait bien trop chaud pour continuer d’écrire et je m’en vais de ce pas poursuivre ma lecture du Sexe et l’Effroi dans ma baignoire d’eau fraîche.
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