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22/04/2006
Samedi 22 avril 2006
J’ai relu ce que je disais mercredi. Je me demande tout de même si je n’ai pas écrit quelques énormités. Peut-être bien, après tout, que tous les goûts sont dans la nature, mais que la culture n’en tolère qu’une partie. Après tout, personne ne m’a appris à aimer les garçons. Si cet amour n’est pas dans la nature, d’où vient-il donc ? La pédérastie pourrait-elle un jour redevenir l’espèce d’institution qu’elle fut ? La ‘‘protection’’ dont il est question dans Les Garçons n’est-elle pas déjà quelque chose comme une institution, même si elle est en partie clandestine ? Il y eut des amitiés particulières jusque dans les jeunesses hitlériennes, qui firent bien sûr grand scandale lorsqu’elles furent découvertes. Si, même dans un régime où il est passible de peines très lourdes, l’amour entre garçons peut être à l’origine de la constitution de sortes de sociétés secrètes, j’imagine alors qu’il suffirait d’une petite étincelle pour faire renaître de ses cendres le phénix de la pédérastie ‘‘institutionnelle’’. Car il pourrait bien s’agir d’un phénix : s’il est, en effet, concevable et malheureusement possible d’exterminer des peuples entiers, alors il serait tout aussi possible de faire disparaître tous les pédérastes de la surface de la terre. Mais pas la pédérastie. Il suffirait d’une génération pour la voir renaître d’elle-même (probablement, certes, ignorante de son glorieux et lointain passé), puisqu’il suffit d’un père et d’une mère pour faire un pédéraste, c’est-à-dire un homme. En juillet 2005, je me demandais si, un jour, les homosexuels ne finiraient pas par constituer une nation qui demanderait l’indépendance ! Peut-être y aura-t-il, dans le futur, tout un tas de nouvelles petites nations, des nations d’ordre privé, en quelque sorte, des états dans l’état, auxquels il suffirait d’un immeuble pour exister, comme le 10 Ontario de Babylon Babies. Alors, pourquoi pas une nation de pédérastes ? Pas de pédérastes uniquement pédérastes, bien sûr. Une nation construite sur ces deux fondations : le mariage et la pédérastie : une nation, donc, dans laquelle un père de famille ne craindrait pas de voir son fils aimé d’un autre père de famille.
21:55 Publié dans Journal, La Couronne et l'Epine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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