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21/04/2006
Vendredi 21 avril 2006
« Καλò πάσχα », entend-on dire un peu partout. Cet après-midi, des moutons étaient accrochés dans les vitrines des boucheries. Il n’y avait pas de musique dans les magasins. Ce soir, comme nous étions sur la route, retour de Nauplie, dans tous les villages que nous traversions, des fidèles affluaient vers les églises. C’est le vendredi saint des orthodoxes. Aux informations télévisées, il n’est question que de cela. Il y a des reportages sur les cérémonies dans tous les endroits du pays. On embrasse des reliques. On refait le chemin de croix. La descente de croix semble être un moment particulièrement important : il revient sans cesse, dans les reportages. On dépose le Christ dans son suaire, qu’on garnit ensuite de fleurs. A un moment, mais l’image fut très rapide, et la scène se passait de nuit, il m’a semblé qu’une procession descendait vers la mer, comme aux Adonies… Après la messe, les restaurants de Σελιανίτικα se sont remplis : il n’y avait plus une place de libre. A l’heure où j’écris ces lignes, on entend encore les pétards éclater dans la rue. Apparemment, il y a ici beaucoup encore de ferveur religieuse. Dans plusieurs reportages où des fidèles étaient interviewés, il m’a semblé qu’on parlait volontiers de la Grèce en même temps que de la Pâque. On ne s’en rend pas compte en France, où la nation est, sinon malade, du moins prise de faiblesse, mais la religion, la foi communes sont un incroyable ciment. Je crois même que les popes sont rémunérés par l’Etat. A Nauplie, on a fait un cinéma d’une ancienne mosquée et la Grèce a élevé un monument à la France : « A la mémoire du maréchal Maison, du général Fabvier, de l’amiral de Rigny et des marins et soldats de France morts pour l’indépendance hellénique, la patrie et la liberté ». (Avons visité Epidaure et entraperçu Tirynthe, Argos et Mycènes.)

Théâtre d’Epidaure. Il était difficile de prendre des photos, à cause de la foule. Des gens, à qui l’on avait parlé de l’excellente acoustique du lieu, se plaçaient au centre de l’orchestra, pour déclamer ou même chanter toutes sortes de choses. Des lycéens français lurent un passage d’Aristophane, qu’ils ne comprenaient manifestement pas. Les intonations de la jeunesse tentant de lire à voix haute sont hésitantes, excessives et déplacées : elles ont toujours pour effet de rendre le texte grotesque et exaspérant, quand il est intelligible.

Le stade d’Epidaure.

Nauplie : monument élevé en l’honneur de la France.


21:50 Publié dans Journal, La Couronne et l'Epine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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