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11/03/2006
Vendredi 10 mars 2006
Incroyable ! Inouï ! J’étais en train de dîner avec ma mère et ma sœur, quand cette dernière m’a raconté que l’autre jour, l’un de ses anciens petits amis (un de ceux qui sont fort à mon goût : grand et maigre), étant venu lui rendre visite, et m’ayant aperçu déchargeant ma cargaison de prospectus (que j’entrepose et classe chez ma mère), s’était exclamé, alors qu’on ne peut pourtant pas le soupçonner d’être homosexuel : « Qu’est-ce qu’il est beau ton frère ! Je suis sûr que j’aurais gagné à le connaître davantage. » Ce qui est extraordinaire, c’est que je me rappelle très bien avoir été particulièrement contrarié de croiser ce garçon, au moment de son départ, précisément parce que je me sentais laid ce jour-là, sans doute parce que j’étais mal coiffé, comme si souvent, d’ailleurs. J’étais tellement troublé, au moment de lui dire « bonjour » et « au revoir », que j’avais commencé le geste de l’embrasser, au lieu de lui serrer la main. Et comme je me reprenais, il avait dit : « Mais nous pouvons nous faire la bise. » Et cette nuit, j’ai rêvé d’Augustin. Nous étions dans sa voiture. Il brûlait tous les feux et les stops. J’étais furieux et lui criais dessus. Pour se faire pardonner, pendant le cours de grec, il se levait et venait m’embrasser sur la bouche, devant toute la classe (des filles en jupes écossaises, chemisiers blancs et serre-tête dans leurs cheveux coupés au carré – comme dans les rallyes, me fait remarquer Esteban), avec beaucoup de salive. Mes rêves érotiques se passent sous les regards sévères, indulgents, intrigués ou méprisants de jeunes filles élevées dans des pensionnats catholiques.
01:45 Publié dans Journal, Rêves | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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