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26/09/2005
Lundi 26 septembre 2005
Je suis retourné dans le quartier de Poppenbüttel, sur les lieux où je vivais quand je venais à Hambourg, dans mon adolescence, tous les ans. J’ai revu la Stadtbahnstraße, où se trouvait la maison des R***, chez qui j’habitais, et dans laquelle je fis la connaissance d’Anja. Je sais que Kay au moins vit toujours là, mais je n’ai pas osé sonner : j’aurais d’abord dû écrire. Une autre fois. J’ai revu la station où j’attendais le bus pour me rendre au lycée, où j’attendais le métro pour aller dans le centre de la ville. J’ai refait le trajet en bus, de la station au lycée. J’ai revu le lycée Karl von Ossietzky, dans lequel je fis la connaissance des meilleurs amis de mon adolescence (et où j’entendis pour la toute première fois L’Opéra de quat’ sous, joué par la troupe de l’école). C’est à ces amis que je dédiais mes premiers vers (des poèmes acrostiches, construits sur leurs prénoms, généralement), une fois que je me fus mis à en faire, (c’était sur l’île de Ré, j’ai dû l’écrire quelque part dans ce journal). Je suis retourné à l’Alstertal Einkaufszentrum, où nous nous retrouvions entre élèves français (et nos Allemands préférés), tous les après-midi. Depuis le baccalauréat, je n’ai revu aucune des personnes connues alors. Mais aucun de tous les lieux où nous nous fréquentions n’a changé. J’ai été surpris de pouvoir me rendre si facilement d’un point à l’autre, après douze ans, comme si je n’avais quitté l’endroit que l’année dernière. La mémoire des lieux, des trajets, des itinéraires, était encore en moi. Seulement, il fallait que je revienne pour la retrouver.





Le 26-09-2005
Hambourg
Aujourd’hui nous partons à la poursuite de l’adolescence d’Olivier, quand avec ses camarades de lycée, il prenait le train, traversait l’Europe et allait passer ses vacances de Pâques dans une famille à Hambourg. Là, il partageait une chambre avec le fils de la maison et se rendait tous les matins à l’école.
Nous prenons le métro en direction de Poppenbüttel. Là, dans un quartier calme, immergé dans une végétation luxuriante, un autre monde, nous marchons jusqu’à la maison dans laquelle Olivier passait ses vacances. Il reconnaît l’endroit, en parle avec émotion. Evidemment, il n’a prévenu personne et refuse de presser le bouton de la sonnette. Peut-être a-t-il raison. Quinze ans, c’est beaucoup ! Ne m’a-t-il pas dit hier soir, que nous devrions nous revoir très vite ou renoncer à jamais de le faire… ?
Nous prenons ensuite un bus qui nous conduit devant le Gymnasium dont il suivait les cours. La journée se passe ainsi, à essayer de recoller les morceaux d’un passé qui me semble si récent et qui lui parait déjà si lointain…
Je ne verrai donc rien de Hambourg, ni son port, ni Sankt Pauli, mais cette ville me fait si mauvaise impression que je n’en ressens aucun regret.
Je propose à Olivier de modifier notre itinéraire de retour (exit Cologne et Nancy) et de passer les deux journées suivantes à Amsterdam.
Nous passons notre dernière soirée hambourgeoise dans un restaurant bondé. Il y fait une chaleur épouvantable. Olivier me fait un malaise. Il faut quitter les lieux en catastrophe.
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