« Samedi 17 septembre 2005 | Page d'accueil | Lundi 19 septembre 2005 »

18/09/2005

Dimanche 18 septembre 2005

        Hohenschwangau. Le château est juste sous ma fenêtre. Malheureusement, il y a un échafaudage devant toute la façade de l’hôtel, qu’on rénove. Les meilleures chambres doivent donner sur Neuschwanstein. Nous avons roulé presque toute la journée, sur des routes de montagne. Au cours de la conversation, Esteban me parle de l’orthographe allemande. Selon lui (mais cela me paraît si invraisemblable que j’ai du mal à croire que cela soit vrai), pour rendre plus facile aux étrangers l’apprentissage de la langue allemande, des particularités de son orthographe auraient été changées. Par exemple, le umlaut serait remplacé par un digramme formé de la lettre infléchie suivie d’un e (ainsi, ä deviendrait ae…). Autre exemple : le ß serait remplacé par deux s. Pourtant, pour l’instant, sur les panneaux, je lis bien straße, pas strasse. En admettant que cela soit vrai, je puis admettre qu’on réforme une orthographe, mais je comprends moins qu’on le fasse pour faciliter la tâche aux étrangers. C’est une forme de suicide : l’allemand est une langue difficile à écrire pour un non Allemand ? Eh bien ! Rendons ses graphies moins allemandes !

Le château de Hohenschwangau vu de la route y menant, depuis Schwangau.

Le château de Neuschwanstein.

 

Le 18-09-2005

Zermatt - Hohenschwangau


 

        Nous traversons la Suisse d’ouest en est par des routes de montagne étroites qui nous font passer par les cols du Nufenen et de la Furka. Le temps s’est dégagé, nous laissant entrevoir les cimes enneigées des montagnes. Nous déjeunons dans une auberge rustique au col de la Furka à deux mille deux cent mètres d’altitude. Au menu, de la soupe à la tomate que la patronne aux cheveux violets touille énergiquement dans une grande marmite. Le garçon, qui semble évadé d’une nouvelle de Joseph Knittel, nous sert deux saucissons entiers de cerf que nous découpons en fines lamelles. Avec du pain noir, c’est délicieux. L’impression que le temps s’est arrêté quelque part entre le dix-neuvième et le vingtième siècle ! A un certain moment, je descends dans les entrailles du bâtiment pour soulager ma vessie. La patronne m’attend à la sortie, balais brosse en main. Elle se précipite sur les toilettes et se met à les nettoyer en un vaste mouvement circulaire avec la même frénésie que celle  qui l’animait devant sa marmite de soupe ! La propreté suisse n’est donc pas encore une légende, si ce n’est qu’il semble y avoir un réel problème dans la distribution des rôles ! Il se met à neiger… Il y a quelques jours à peine, je transpirais aux Marquises. Magie du voyage…
        Après une brève incursion en Autriche, nous arrivons à Hohenschwangau à la tombée de la nuit. Au loin, dans la lumière déclinante du jour, nous apercevons le château de Neuschwanstein qui se dresse sur son piton rocheux. Je sais, cela fait carte postale, mais toute cette région ne semble exister que pour être vendue en carte postale à des couples de japonais à peine sortis de la puberté.
        Il nous aura fallu dix heures pour parcourir les quatre cents kilomètres de routes sinueuses qui séparaient Zermatt de Hohenschwangau. Olivier prend son rôle de navigateur très au sérieux et s’en tire plutôt bien.  Mettre la main à la pâte le rend soudain beaucoup moins critique à mon égard ! Nos chambres à l’hôtel Lisl sont gentiment minuscules. Olivier ne dit rien. Le personnel et les clients sont japonais. Nous devons leur paraître très exotiques !

Ecrire un commentaire