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13/09/2005

Lundi 12 septembre 2005

        Esteban est arrivé. J’ai dîné avec lui. Il ne m’a pas laissé payer. Il préfère que je le fasse à notre retour : j’aurai plus de mérite, prétend-il, d’avoir encore envie de l’inviter après vingt jours passés en sa compagnie. Il ne veut bien sûr pas dire que sa compagnie est insupportable, mais que je n’en souffre aucune…
        Mes lecteurs devront attendre mon retour pour lire la suite de ce journal.


Le 12-09-2005
Mont-de-Marsan


        Quand Olivier m’ouvre la porte de son appartement en début de soirée, je peine à le reconnaître ! Sans ses lunettes et avec ses cheveux courts, il ressemble à un gamin ! Nous nous serrons la main. D’un geste impérieux, il m’ordonne de m’asseoir dans un coin et de ne plus en bouger… Quand je lui demande comment il supporte ses lentilles de contact, il refuse d’admettre avoir jamais été myope et me sert une histoire de lunettes aux verres neutres portées uniquement par coquetterie. Moi qui suis obligé de porter depuis deux ans des lunettes de vieux pour lire, je refuse de croire qu’on puisse s’encombrer de besicles  pour une question d’esthétique ! D’ailleurs, je me rappelle fort bien qu’au mois de mars dernier, en Espagne, alors que nous prenions un café, il avait enlevé ses lunettes et les avait posées à côté des miennes. J’avais acheté un journal et, voulant le parcourir, je saisis ce que je pensais être mes lunettes et me trouvai instantanément plongé dans un univers glauque aux contours flous. Verres neutres, tu parles !
        Nous sortons manger indien. Olivier semble content de me voir et insiste pour régler l’addition. Je refuse, le mettant au défi de m’inviter à manger à notre retour dans trois semaines, afin de voir si ses bonnes dispositions à mon égard n’auront pas changé…
        Nous sommes rattrapés par le patron dans la rue. Je crains un moment m’être trompé sur la somme laissée sur la table. Non… Nous étions simplement partis sans lui serrer la main !

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