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22/07/2005

Jeudi 21 juillet 2005

        Esteban, ci-devant S***, m’a fait comprendre qu’il n’appréciait que très moyennement que je me sois permis de changer son nom et de le réduire à une simple lettre. Finalement, je le comprends. N’est-ce pas Hermogène, dans le Cratyle, qui soutient qu’on peut changer le nom de ses serviteurs à l’infini, sans que la nouvelle dénomination soit moins juste que l’ancienne ? Si bien qu’à voir son nom diminué comme une peau de chagrin, Esteban devait se sentir traité par moi comme un moins que rien, ce qui, bien sûr, n’était pas mon intention. D’ailleurs, si comme il le prétend, il ressemblait, dans sa jeunesse, à Louis II de Bavière, il a bien une tête à porter une couronne ou, du moins, ce nom d’Esteban, ou Stéphane, pour parler français.


        Hier soir, je me suis connecté au chat que je disais l’autre jour, dans l’espoir d’y trouver le dénommé Manfred. Mais il n’était pas là. Par contre, j’ai rencontré quelqu’un d’autre. Cette fois-ci, appelons-le : Wilhelm. Ce n’est pas qu’il était particulièrement joli (il était même franchement grassouillet), mais il avait l’avantage d’habiter dans la résidence d’Emilie. Bref, je savais où cela se trouvait, c’est-à-dire pas très loin de chez ma mère. Je m’y suis donc rendu. Il était prévu que je dorme chez lui. Mais une fois que nous eûmes fait toutes sortes de choses que je ne puis dire ici sans être tout à fait obscène, je me suis aperçu que Wilhelm ronflait en dormant ! Je l’ai donc rudement secoué, pour le prévenir que je m’en retournais chez moi (enfin, chez ma mère), parce qu’il faisait trop de bruit et m’empêchait de dormir. C’est une espèce de malédiction dont je suis frappé. A chaque fois que j’ai l’occasion de me frotter à quelqu’un sous les draps, c’est presque toujours un ronfleur ! Comment, dans ces conditions, rien construire de sérieux ou de durable, comme ils disent tous ? Tout de même, avant les ébats, il y eut le débat, toujours indispensable, si l’on veut se donner l’illusion qu’on ne vient pas de se rencontrer à seule fin de baiser ! C’est ainsi que j’ai appris que ce Wilhelm connaissait le pédé de mon immeuble, dont j’ai peut-être déjà parlé dans ce journal (je disais bien que Mont-de-Marsan était une petite ville !). Il m’a d’ailleurs dit son nom, mais je l’ai oublié. Inutile, donc, d’inventer un nouveau pseudonyme pour cet improbable personnage, qui ne fait, de toutes façons, pas vraiment partie de ma vie. C’est d’ailleurs bien regrettable, car selon Wilhelm, ce pédé que j’ai comme voisin est très introduit dans (et donc aussi par, j’imagine) ce qu’il faut bien appeler le milieu homosexuel montois. Si bien que si je m’acoquinais avec lui, j’aurais probablement beaucoup d’ouvertures... Je ne m’avise que maintenant que je risque de croiser Wilhelm en rendant visite à Emilie.


Commentaires

La dernière phrase m'a fait hurler de rire.
Tu n'y as pas pensé AVANT ? Dieu que tu devais avoir les gonades en feu...
Et un boulet dans l'immeuble, un !

Ecrit par : ron | 22/07/2005

Mais avant, la plupart tu temps, on ne pense pas!

Ecrit par : oliviermb | 22/07/2005

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