« Doublet de mon journal - mardi 21 juin 2005 | Page d'accueil | Doublet de mon journal - jeudi 23 juin 2005 »
23/06/2005
Doublet de mon journal - mercredi 22 juin 2005
Je pensais passer une petite soirée sympathique, chez Emilie et son amoureuse, avec ma sœur et Emmanuel, son grand ami, son confident, pour ainsi dire, et petit ami de notre cher Matio, absent aujourd’hui. Mais il n’en fut rien. Tout avait pourtant agréablement commencé et se déroulait fort bien. Jusqu’à ce qu’Emmanuel me rapporte les événements d’hier soir. Julie a revu cette pochette-(mauvaise) surprise de Hieronymus, et a tenté une réconciliation avec lui. Réconciliation apparemment en bonne voie. Mais Emmanuel trouve cela scandaleux, et me dit, les yeux dans les yeux, que je n’y suis pas pour rien ! C’est à moi, selon lui, de guider ma sœur, et de lui faire entendre qu’il n’est pas bon qu’elle se réconcilie avec la personne qui lui a transmis sciemment le virus du sida. Je réponds que ma mère et ma sœur m’ont fait comprendre que je ne devais plus me mêler de cette affaire. Que c’était à cause de moi si la réconciliation désirée par ma sœur était si difficile. Que depuis, je me contente de flétrir Hieronymus silencieusement, dans mon journal, en allant même jusqu’à cacher son nom derrière sa traduction latine ! Mais Emmanuel de continuer en affirmant que j’étais, au contraire, la seule personne à avoir réagi sainement (c’est-à-dire assez violemment, tout de même), et que cette réconciliation était tout bonnement impensable, ignoble, obscène. Pour parler clairement, ce devrait être une éternelle vendetta entre la famille de Hieronymus et la mienne si, du moins, nous n’étions pas arrivés, semble-t-il, à la fin de notre race, ma sœur étant sidéenne, et moi pédéraste. Et il fallait qu’Emmanuel me parle de cela juste quand le lis l’entretien de Renaud Camus sur la dictature de la petite bourgeoisie, dans lequel il est question, entre autres choses, de l’honneur, de l’honneur qui a disparu de notre société. Si j’avais de l’honneur, je m’empresserais évidemment de faire boire à la terre le sang de cette sale engeance de Hieronymus ! Mais ma sœur ne le veut pas, je le vois bien. Je crois qu’elle se sent davantage la sœur de Hieronymus que de moi depuis qu’un même sang coule dans leurs veines. Comme si ce sang souillé les unissait plus que le sang de la race. Que faire ?
02:15 Publié dans Doublets de mon journal | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
Commentaires
Il est plus honorable de pardonner à son assassin que de vouloir s'en venger, non ? C'est plus fort et plus admirable. Mais c'est une note trop intime et délicate pour y "poster" des comentaires...
Ecrit par : Fleur | 24/06/2005
Je dirais plutôt qu'il est plus "honorable", selon la morale actuelle, de s'écraser. Mais selon d'autres morales (certaines ne sont pas si anciennes que cela), tuer est parfois tout à fait honorable. Et c'est même n'avoir aucun honneur que de refuser de tuer, quand cela est nécessaire. Mais je suis bien de mon temps: je me contente de conseiller à ma soeur de traîner Hieronymus en justice, et de le faire payer (cela est bien de notre temps, profiter de l'occasion pour obtenir de l'argent!). On pourrait sans doute aussi le faire mettre à l'ombre quelque temps, je pense, je veux dire: avant qu'il n'aille dans la tombe. Je crois qu'il y a des précédents. Mais ma soeur est un fille: elle est trop douce, trop bonne et trop conne.
Ecrit par : oliviermb | 24/06/2005
Oui, nous sommes d'accord, il y a un côté noble dans la vengeance par le sang. Mais je ne parlais pas de "s'écraser", je parlais de pardonner vraiment, au fond de soi, ce qui me paraît plus difficile, donc plus admirable. C'est mon côté sanguin qui aspire à plus de maîtrise qui parle. Elles sont rares les filles douces et bonnes.
Ecrit par : Fleur | 25/06/2005
Mais avec Hieronymus, il faut presque se faire violence pour ne pas pardonner trop vite! Il est si mou, si bête, si pitoyable, il paraît tellement inoffensif, qu'on lui donnerait le bon Dieu sans confession. Et si l'on connaît son histoire personnelle, on est vite tenté de penser qu'il est plus à plaindre qu'à blâmer. Il sera toujours temps de lui pardonner, une fois qu'il aura payé, non? Mais dans tous les cas, pardonner à quelqu'un qui ne fait rien pour se faire pardonner, je ne trouve pas que ce soit admirable du tout.
Ecrit par : oliviermb | 25/06/2005
Au contraire, pardonner à qq'un qui fait tout pour se faire pardonner est facile, non ? Cela dit, je ne suis pas concernée directement par l'horreur qu'il a fait, je suis donc un peu ridicule à raisonner sur le sujet, mais ce que je voulais dire c'est que ta soeur me paraissait admirable, et que personne n'avait à critiquer son comportement. Mais comment fait-elle ??!! C'est tellement monstrueux ce qui lui est arrivé !
Ecrit par : Fleur | 25/06/2005
Les commentaires sont fermés.