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03/06/2005

Doublet de mon journal - jeudi 2 juin 2005

        Un homme devait exterminer aujourd’hui tous les cafards dont mon immeuble est infesté depuis quelque temps. Il avait tout à fait l’air d’un cafard lui-même, d’un gros cancrelat flottant le ventre en l’air dans une tasse de café. Il serait, à mon avis, bien plus efficace de gazer directement mes voisins, dont les mœurs, en effet plus que bizarres (comme le faisait hier remarquer S*** dans son blogue), ne sont sans doute pas étrangères à la prolifération de ces abjectes bestioles. Certains ont pour habitude d’entreposer pendant plusieurs jours leurs ordures dans l’entrée du bâtiment, au lieu de les descendre directement dans la rue. Les cafards, évidemment, pullulent autour. A propos de ces poubelles, je rentrais hier soir de chez ma mère. Arrivé devant la porte vitrée de mon immeuble, j’aperçois un homme qui, tout à coup, se penche et ramasse les poubelles du hall pour les descendre dans la rue. Il passe devant moi, continue son chemin. J’enrage ! J’exulte ! Ça y est, pensé-je, je tiens le coupable ! « Oh ! Monsieur ! Dites-moi ! C’est vous qui entreposez vos poubelles dans le hall de l’immeuble ? » Alors le type se retourne vers moi, l’air franchement coupable, et me répond que « non, monsieur, oh vraiment, quelle honte ! Vous avez vu ça ? Et on a beau mettre des affichettes pour informer les gens, ils les arrachent. – Je sais, c’est moi qui les colle, les affichettes. Mais faut pas descendre les poubelles des autres, comme ça. On pourrait croire que vous êtes le coupable… – Oui, mais faut bien que quelqu’un le fasse, de toute façon, etc., etc. » J’ai comme l’impression que ce type s’est bien foutu de ma gueule. Il avait indubitablement une tête de coupable (tête qui ne me revient pas du tout, d’ailleurs). Seulement, de quoi se sentait-il coupable ? D’être pris en flagrant délit d’incivilité, ou d’excès de civilité ? Quelle connerie, tout de même, de s’occuper des ordures d’un autre ! C’est aussi bête que d’aller nettoyer bénévolement les plages de Normandie, ou de ramasser dans la rue les déjections d’un chien qui n’est pas à soi ! Et puis il existe tout une race d’hommes qui se croient toujours fautifs, non parce qu’ils le sont réellement, mais parce qu’ils se sentent regardés de haut, se sachant naturellement inférieurs. Et ce voisin-là, je le voyais bien, ne se sentait pas mon égal, peut-être bien à juste titre, d’ailleurs. S’il est innocent, je regrette tout de même un peu de m’être amusé, pendant un temps, à découper discrètement lesdites poubelles avec un cutter, pour en faire se répandre le contenu sur le coupable, au moment où il se déciderait enfin à les descendre dans la rue. Mais il l’aura cherché, après tout. Et puis, ils doivent bien aimer un peu ça, tous ces bénévoles nettoyeurs de plages polluées, se rouler dans la fange !


        Cet après-midi, en ville, j’aperçois la mère de ce pustuleux sac d’os de Hieronymus. Elle est facile à reconnaître, dans la foule, sur le trottoir : c’est celle qui a l’air de tapiner. Pendant que les autres femmes font du lèche-vitrine, celle-ci suce en pensée leurs maris !

Commentaires

Evidemment , moi , comme un con , je me serais précipité pour aider le pauvre type , répandant au pasage le contenu des sacs poubelles ,préalablement déchiquetés , sur mon pantalon! C'est malin vraiment!

Ecrit par : manutara | 04/06/2005

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