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16/01/2005

Renouveau - Sonnet

à Hieronymus


Que si tu consentais à te couper l’artère
Pour que mes grands yeux clairs se teignent de ton sang,
Ma bouche pourrait bien te servir de cautère,
Qu’on entendrait crier que tu fus innocent.

De ta sève enivré, j’irais te mettre en terre :
Terrible fossoyeur au creux de mes accents,
Ceux qui te la coupaient, je les ferais se taire
En leur disant leur tort, comme on fait aux absents.

Pareil à cette fleur qui pousse aux cimetières,
Levant mes yeux au ciel et tombant à genoux,
J’exhalerais des chants où je te dirais nous :

Tu ne serais plus tu pour que la terre entière
Sache enfin que toujours, comme aux têtes de veaux,
Le persil peut pousser aux pierres des caveaux.


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