« Doublet de mon journal - dimanche 28 novembre 2004 | Page d'accueil | Citation »
29/11/2004
Sirène à l'étalage - sonnet
Si seulement j’avais la voix d’une sirène,
Des marins de partout joncheraient mon rocher.
Ulysse sans attache et jusques au Nocher
Se viendraient échouer le long de mon arène.
J’aurais à dévorer chaque jour ma carène,
Ma pleine cargaison de matelots fâchés,
Qui de n’avoir voulu se laisser attacher,
Qui de devoir périr en lapin de garenne.
Mais je suis exposé sur ce puant étal,
Comme un poisson passé par le fleuve léthal,
Exhalant tout autour ma propre pestilence.
Gisant, la bouche bée, en un lit de glaçons,
J’attire les chalands par le plus grand silence :
Des choses que l’on mange, il ne sort aucun son.
04:50 Publié dans Rimes et vers, Sonnets | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Commentaires
Tu n'aimes, pas beaucoup les crustacés , hein ?
Ecrit par : manutara | 29/11/2004
Les poissons ne sont pas des crustacés. Ou bien dis-tu cela parce que je ne parle pas de crustacés? Cela dit, en effet, je n'aime pas ça.
Ecrit par : oliviermb | 29/11/2004
Sur les carènes des navires et pourquoi pas des sirènes si elles n'ont pas d'antifouling , se fixent au fil du temps de petits crustacés que l'on appelle anatifes . Comme tu vas devoir dévorer chaque jour ta carène je pensais que tu faisais allusion à ses bestioles à l'aspect ...enfin au drôle d'aspect!
Ecrit par : manutara | 30/11/2004
Mais non, tu n'y es pas du tout. Qui serait assez bête pour manger la carène d'un bateau? C'est une métonymie. Par carène il faut comprendre le contenu du navire, c'est-à-dire ici, les matelots, comme l'explique le vers suivant.
Ecrit par : oliviermb | 30/11/2004
Les commentaires sont fermés.