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10/10/2003

Vendredi 10 octobre 2003

Aujourd’hui, pour la première fois depuis longtemps, j’ai travaillé aux Contes du royaume d’à côté. Prise de notes. Constitution d’une bibliographie. Dans les jours qui viennent, je dois lire le roman de Mélusine de Jean d’Arras et La Nouvelle Mélusine de Goethe, que je trouve dans Les Années de voyage de Wilhelm Meister. J’écris un nouveau petit paragraphe, qui modifie l’incipit du livre. 165 mots. Et, pour l’ouverture, j’imagine un nouveau conte, La métamorphose. Ou plutôt, c’est une fable ; plus exactement, une comparaison dont le second terme pourrait faire une fable : Eugène, enfant, était aussi vif qu’un poisson dans l’eau. Mais en grandissant, il s’est figé. Le voici devenu un roseau, légèrement penché sur l’eau. Il se voit dans le miroir liquide et ne se reconnaît pas. Cette vision le révolte, mais il ne peut pas cracher sa révolte hors de lui, puisqu’il est un roseau. Tout ce qui sort d’Eugène, c’est une larme, qui tombe dans l’eau, et fait autour de lui un grand rond qui s’éloigne.

 

Les premiers contes du livre devraient se suivre dans cet ordre : 1/ La métamorphose, 2/ La sorcière, 3/ Iphigénie, 4/ Mélusine, 5/ Le jour est la nuit. Puis d’autres contes suivent, mais je ne sais pas encore tout à fait dans quel ordre les ranger : Les petits ramasseurs de balles ; Le garçon-fleur ; Myosotis ; Ce que vivent les fleurs ; L’adolescent d’Herculanum ; L’ensevelie vive ; Le basilic ; et aussi La patronne du Fez, qui devrait être un pastiche de La matrone d’Ephèse.

 

En feuilletant Macbeth, je tombe sur ces mots d’une sorcière : « Fair is foul, and foul is fair ». C’est quasiment le titre de mon conte : Le jour est la nuit. En choisissant ce titre, je ne pensais évidemment pas à Macbeth. Simplement, je voulais faire un jeu de mots avec l’expression « le jour et la nuit ». Mais maintenant, je me rends compte que mon titre et les mots de la sorcière parlent de la même chose, de la même effrayante confusion qui, partout, règne.

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