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01/09/2003
Lundi 1er septembre 2003
Il fait un temps d’une tristesse infinie. La grisaille s’accroche aux cheveux. J’ai l’impression d’être un vieux chien traînant la patte. Impossible de sourire : mes joues sont trop lourdes. Et mes paupières tombent toutes seules. Ma source lyrique est tarie. Pas un vers d’écrit depuis quinze jours : il ne fait pas assez beau. Toute l’année, les saisons jouent avec moi, comme si j’étais une marionnette : l’été, je ne sais faire que de mauvais vers ; l’hiver, j’entreprends l’impossible ascension d’un roman dont je ne viendrai sans doute jamais à bout. Mais cette montagne que je dois gravir, elle n’existe pas. C’est moi qui en accouche, au fur et à mesure de mon ascension, apportant moi-même chacune des innombrables pierres qui la constitueront ! Je me remets à penser aux Contes du royaume d’à côté. Je crois que je vais en reprendre le travail. Mais cela me donne le vertige.
Mathieu B***, avec qui je chatte parfois, a ce jugement à propos de ce site : quelqu’un qui ne me connaît pas, pense-t-il, pourrait croire, en en lisant les pages, que je suis un fou, une espèce de serial killer. J’ignore pourquoi, mais ce jugement me plaît, particulièrement le mot de serial killer, que Mathieu avait surtout choisi pour plaisanter. J’aime l’idée que des gens que je ne connais pas me prennent pour un agité du bocal, alors qu’au fond, il n’y a pas plus sage, plus raisonnable que moi. Mathieu, qui aime mon site, en a parlé autour de lui. Il est le premier à m’en dire autant de bien. Généralement, ce site ne plaît pas ; du moins pas à ceux qui prennent la peine de me faire savoir ce qu’ils en pensent.
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