20/11/2009
Jeudi 19 novembre 2009
Alfred est venu nous rejoindre hier soir, ma sœur et moi, dans le bar du bel Ascagne, accompagné de deux amis à lui, dont un que j’appellerai Timothée. Timothée avait à son poignet une fine chaîne d’un métal imitant grossièrement l’or. Quand je lui ai dit que j’aimais son bracelet et que j’en avais un moi aussi, mais dont la chaîne fait trois fois le tour de mon poignet, il m’a répondu qu’il l’avait bien remarqué lors de notre première rencontre. Il se souvenait donc non seulement d’une première rencontre, qui m’était complètement sortie de la tête, mais encore de ce détail, dont il s’est peut-être inspiré pour son propre bijou.
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01/11/2009
Samedi 31 octobre 2009
Coniortode (donnons-lui ce nom, à peine plus ridicule que le véritable, qui a le même sens, mais en anglais), ce patron de bar qui est le seul à croire, dans cette ville, qu’on le prend pour un hétérosexuel, s’est fait bastonner, il y a quelques jours, dans son établissement le plus récemment acquis. Le petit Lulu, son adorable apprenti, qui se trouvait alors avec lui, a également reçu des coups. La presse locale en a parlé plusieurs fois. L’agresseur, qui n’a rien volé, voulait sûrement régler ses comptes avec Coniortode. Alfred, à qui j’ai demandé ce qu’il en pensait, me disait que c’était sûrement l’ancien cuisinier de Coniortode qui avait fait le coup, probablement pour se venger de son patron, réputé mauvais payeur. Mais le bel Ascagne est d’un avis plus fascinant encore : selon lui, ce serait la famille arabe du petit Lulu, qui vient à peine d’avoir dix-huit ans, qui aurait voulu donner une leçon à Coniortode, son amant (du moins d’après Ascagne), qu’elle ne souhaiterait pas voir entrer chez elle, et surtout pas par la porte de derrière.
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09/10/2009
Jeudi 8 octobre 2009
En dînant avec Alfred, mardi soir, chez ma sœur (car il est de nouveau possible à Julie de le fréquenter depuis qu’elle a quitté le grand con, qui était tellement jaloux qu’il avait voulu, découvrant qu’elle lui avait téléphoné, ‘‘casser les genoux’’, selon ses propres termes, à ce pauvre Alfred), j’en ai appris une autre bien bonne sur ledit grand con. Alfred connaît à peu près tout le monde à Mont-de-Marsan, et pas seulement à Mont-de-Marsan, d’ailleurs : ne s’est-il pas vanté, au cours du repas, d’avoir été longtemps l’amant de la fille d’un député du cru (l’autre grand amour de sa vie, paraît-il, avec ma sœur, que tout le monde semble d’ailleurs aimer, en ce moment, tant elle a de prétendants, dont le meilleur ami d’Osman, depuis peu, qui est fort beau…), ce qui lui donna l’occasion de rencontrer parfois tel ancien premier ministre ou tel président de conseil général dont Phidippide aime à dire qu’il le connaît assez bien lui aussi, depuis l’époque où il militait dans un certain parti politique. (Quelle déception, d’ailleurs, que ce Phidippide ! Je lui avais beaucoup confié les reproches que je faisais souvent à Tityre, par exemple, d’avoir couché avec Camille, alors qu’il m’en savait épris. Phidippide avait prétendu être aussi atterré que moi par la fausseté de Tityre, qui s’était longtemps comporté avec moi comme si de rien n’était, tentant de me cacher cette bassesse même après que je l’avais apprise, bien plus tard, de la bouche de Camille. Phidippide était différent, lui, c’est du moins ce qu’il m’assurait, et c’est pourquoi il avait également été scandalisé, sans en être surpris du tout, de la fausseté des déclarations d’amitié du terrible Cléomédon, qui venait tout juste, sans même attendre que mon odeur ait quitté la peau du beau Mnasyle, que j’avais un peu vite chassé hors de mon lit, de le prendre pour laisser à son tour sur lui sa salive, à côté de la mienne encore humide ! Ah ! Ce n’est pas Phidippide qui se serait si mal comporté avec moi, lui qui m’était un véritable ami, me jurait-il, contrairement à ces Tityre et ces Cléomédon, qui ne sont que des vieillards ou des lubriques ! Je suis tombé de bien haut quand Aribaze, sur lequel il était notoire que j’avais des vues, m’a confié que la veille d’une coucherie que j’avais eue avec Phidippide, c’était avec lui que ce dernier avait couché, lui faisant promettre de ne rien me dire, ce qu’Aribaze, en véritable ami, lui, s’était empressé de me rapporter, le plus naturellement du monde et pour notre plus grand rire, puisque nous nous étions aperçus que n’ayant pas pu tout faire avec l’un, qui n’avait été que passif avec lui ce soir-là, c’était par l’autre que Phidippide s’était fait enculer : le lendemain ! Moi qui avais cru pouvoir faire de lui un nouveau meilleur ami, maintenant que don Esteban n’est plus aussi près de moi que je le voudrais, je m’aperçois qu’il était en réalité le pire de tous ! C’est le plus faux, le plus immoral et surtout le moins excusable, parce qu’il se pique d’avoir un certain vernis de culture, grâce auquel il devrait donc être le mieux armé de mes amis pour se conduire le moins mal. Ce qui me fâche le plus n’est pas tant le fait que Phidippide ait couché avec un garçon sur lequel il savait que j’avais des vues que le secret qu’il a voulu m’en faire, alors que je lui avais dit d’abord combien j’avais été blessé que des amis ou prétendus tels m’aient délibérément laissé dans l’ignorance où j’étais de leur traitrise. (Ma sœur me demande comment il se fait que je ne cherche pas davantage à rencontrer l’âme sœur. C’est à cause de mes amis ! J’en suis à me demander s’il me faudra leur cacher ma prochaine conquête, pour être sûr de ne pas en être aussitôt dépouillé !) Je ne sais si c’est parce que j’ai le sentiment que le fruit que je convoitais a été gâté par l’avidité de Phidippide, comme j’ai dit un soir à ce dernier, mais Aribaze n’a plus sur moi l’attrait des premiers jours. Au contraire, j’ai désormais le plus grand mal à en supporter seulement la présence. Ma sœur m’a dit qu’elle avait été interloquée par mon comportement avec lui lors d’un dîner que donnait chez lui Tityre, samedi dernier, durant lequel je me serais montré un peu dur… J’aurais dit à Aribaze que je trouvais qu’il était une ‘‘agression permanente’’ et, comme il se demandait s’il resterait en France après avoir terminé sa formation d’élagueur (car il a de l’ambition et ne veut pas rester dans sa condition de bûcheron !), je lui aurais conseillé de retourner dans son pays, tant me paraissait évidente son inadaptation au nôtre. « Mais le problème, a-t-il répondu, c’est qu’il n’y a pas d’arbres à élaguer là-bas », ce qui, je crois, n’est pas vrai. Plus tard dans la soirée, mais chez Osman, cette fois, où nous étions allés continuer à boire, Aribaze m’a mis tellement hors de moi, que j’ai préféré partir avant d’imploser où de me jeter par la fenêtre. Mon humeur s’était déjà passablement dégradée depuis que le sublime Callias, qui nous avait rejoints avec un sien ami chez Osman, était reparti sans me dire au revoir, une fois de plus, alors qu’il l’avait fait même à ma sœur, qu’il avait pourtant rencontrée pour la première fois ce soir-là. Cette contrariété et les pitreries incessantes d’Aribaze ont fini par m’achever. Mes amis sont habitués à ces départs soudains dont ils ont fait un sujet de plaisanterie : « Arrêtez, disent-ils souvent, sinon Olivier va s’en aller ! », « Attention ! Taisez-vous, ou Olivier va partir ! »… (Telle pourrait être ma définition : Olivier, celui qui s’en va… Aphanisme est le sous-titre de ce blogue.) J’aurais d’ailleurs mieux fait de rester, parce que le bel Ascagne, peu après avoir fermé son bar, a rejoint la compagnie que je venais de quitter pour passer avec elle le reste de la nuit. Tout le monde, sauf peut-être Tityre, a finalement couché chez Osman, dont Ascagne, donc, qui est beau comme… comme… comme un barman, et près de qui j’aurais peut-être pu dormir, moi aussi, quoique sans doute assez inconfortablement, puisqu’il m’a rapporté hier soir qu’il avait tout de même vomi trois fois cette courte nuit-là. Je crois savoir que c’est au cours de cette soirée que ma sœur est devenue l’amante du meilleur ami d’Osman.) Alfred donc, qui connaît tout le monde, nous disait qu’il avait entendu dire à un agent immobilier que le grand con, environ deux semaines avant d’être quitté, avait cherché à savoir si les propriétaires ne voulaient pas vendre l’appartement que venait de quitter son frère et qui se trouve à côté de celui de ma sœur. (C’est d’ailleurs à cause de ce voisinage que tout a commencé pour cette dernière. Le grand con l’avait aperçue depuis le balcon de l’appartement de son frère. Il avait vite appris qu’elle était propriétaire du sien, ce qui signifiait dans son cervelet gigolétique qu’elle était solvable, et c’est ainsi qu’il lui a mis le grappin dessus, entrant du jour au lendemain dans sa vie et réussissant vite, grâce à quelques bouquets de fleurs et coups de bite bien envoyés, à se faire entretenir par elle pendant deux ans.) Si le grand con s’était informé de l’intention des propriétaires de l’appartement qu’avait occupé son frère, c’était parce que ma sœur, a-t-il prétendu, envisageait de le racheter, pour agrandir le sien ! Que tramait-il encore ? Telle était sa façon de procéder : il semait le trouble dans les esprits, en prêchant souvent le faux, pour s’assurer de nouveaux appuis. Il est ainsi plus que probable qu’il a imaginé que Pharnace, ce patron de bar qui m’est tellement antipathique, lui avait dit que je faisais la pute à Toulouse. C’était simplement pour me faire croire que je pouvais compter sur lui, ce grand con qui n’hésitait pas à me rapporter ce qui se disait de pire sur moi. On est toujours tenté de croire davantage ce dont on est le plus blessé. Ce faisant, il se rendait indispensable, car je fais partie de ces personnes qui ne peuvent s’empêcher de chercher à savoir ce qu’on pense d’elles… De même a-t-il très probablement inventé que des gens qui savaient ma sœur séropositive changeaient de trottoir lorsqu’ils la croisaient dans la rue. Une telle révélation, contribuant à ébranler l’une, consolidait d’autant le soutien que voulait lui être l’autre : non seulement il ne changeait pas de trottoir, lui, mais encore dormait-il tout contre elle ! Prétendre que Julie était assez prospère pour vouloir agrandir son appartement, c’était faire croire au monde que lui-même ne manquait pas d’argent, et qu’on pouvait donc lui faire confiance en affaires, qu’il menait pourtant de façon désastreuse. Tous autant que nous sommes, nous avons été pigeonnés par ce remarquable imposteur et néanmoins minuscule escroc.
02:46 Publié dans 2009, Alfred, Aribaze, Ascagne, Callias, Camille, Cléomédon, Cyrille, Don Esteban, Journal, Ma soeur, Mnasyle, Osman, Pharnace, Phidippide, Tityre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
28/09/2009
Dimanche 27 septembre 2009
(Ceci n’est pas une lecture pour la jeunesse, et surtout pas pour les enfants (comme si les enfants lisaient, ou même la jeunesse, d’ailleurs !). Mais enfin, je préfère l’écrire, à cause de la police, qui m’a naguère convoqué dans ses locaux pour m’exhorter à me rendre compte (« Non mais vous vous rendez-compte ? », s’était écriée la policière) qu’il pouvait y avoir des enfants parmi mes lecteurs, idée qui me paraît complètement saugrenue, pour ne pas dire grotesque, étant donné que le bachelier moyen ne connait pas assez sa langue pour lire et comprendre le simple avertissement que je suis en train de lui adresser. Enfant, donc, si tu me lis, va plutôt réviser ta grammaire. Ainsi, quand tu en auras l’âge, peut-être seras-tu capable de comprendre par toi-même que ma prose n’était pas très recommandée, en effet, à l’être innocent que tu n’es probablement déjà plus, si tu le fus jamais, ce dont je doute, prévenu que je suis contre toi par La Bruyère ou le souvenir que j’ai de ceux de tes semblables qui ont peuplé mon enfance et en ont fait un désert.) Jeudi soir, c’est moi que sont venus visiter les fantômes qui devraient plutôt hanter ma sœur ! En sortant du bar que tient le bel Ascagne, comme j’attendais Aribaze qui pissait contre un mur, j’ai vu venir vers moi le bel Equalis, qui fut le grand amour de Julie. Attirés par la beauté du garçon, Osman, Aribaze et Tityre sont évidemment venus graviter autour du couple que nous formions, dans l’espoir d’obtenir une part de ce que, quant à moi, je ne songeais alors pas même à prendre. Irrité par le caquetage de ces poules, Equalis a fini par les convaincre, un peu rudement, de nous laisser en paix. Il voulait me parler de ma sœur, qui fut, m’assura-t-il, l’amour et la femme de sa vie. Jamais il ne pourrait en aimer d’autre autant qu’elle, jamais il n’en rencontrerait qui la lui ferait oublier. Plus tôt dans la soirée, j’avais aperçu Alfred, qui ne manque jamais de me dire, lui aussi, toutes les fois que nous nous voyons, que Julie est la femme de sa vie et qu’il l’aime encore. Equalis et Alfred étaient autrefois les meilleurs amis du monde. C’est à cause de ma sœur que leur amitié n’est plus. Elle avait quitté l’un pour l’autre… J’ai été fort étonné du portrait qu’Equalis a fait de Julie. « Ta sœur est une mangeuse d’hommes. Elle s’amusait de mon amour. C’est parce que je souffrais trop que je l’ai quittée. Mais je l’aimais. Je ne sais si c’est à cause de sa maladie, mais elle ne voulait pas me croire, lorsque je lui disais que je l’aimais. A la fin, je ne pouvais plus supporter qu’elle ne me croie pas. J’ai préféré partir. – Est-ce que je pourrai lui répéter ce que tu m’as dit ? Toi aussi, tu as été l’amour de sa vie. Elle me le dit souvent. – Oui, tu peux le lui dire. Mais je ne reviendrai pas avec elle. C’est trop tard. Je suis avec une fille depuis deux ans. Elle a quitté son pays pour vivre avec moi. Je l’aime, elle aussi, même si ce n’est pas comme avec ta sœur. Je ne peux pas me permettre de quitter une fille qui a quitté son pays pour moi… » Tout ce qu’il me disait était d’une grande tristesse. Il m’a encore parlé de la peur qu’il avait de la maladie de Julie. « Nous avons eu très souvent des accidents de capotes. Dans l’attente des résultats des tests que je faisais, je lui disais que je n’avais pas peur. Mais c’était faux. J’avais très peur. Je pense que ç’aurait été plus facile pour moi, si j’avais été malade, comme elle. Si j’avais eu la maladie, je n’aurais sûrement pas quitté Julie. Mais comme je ne l’avais pas, la peur de l’attraper était toujours là, entre elle et moi. C’est sûrement pour cette raison que l’autre salaud lui a fait ça. – Qui ça ? – Hieronymus, c’est sûrement pour la garder qu’il l’a contaminée. Julie, c’était l’amour de sa vie, à lui aussi. » Hieronymus, troisième fantôme, sorti de la bouche du second, de ce bel Equalis qui, Mont-de-Marsan étant petit, a très bien connu, lui aussi, pour avoir été son ami, le spectre qu’il venait d’évoquer, spectre d’ailleurs toujours bien vivant, que mes lecteurs se rassurent : Hieronymus est apparemment increvable. J’ai été très ébranlé par cette remarque d’Equalis. Jamais je ne m’étais avisé que Hieronymus avait peut-être en effet contaminé ma sœur par amour. L’espace d’un instant, l’alcool ingurgité pendant la soirée aidant tout de même sans doute un peu, je me suis trouvé saisi de pitié pour ce Hieronymus honni, qui, lui aussi, a donc connu l’amour, et qui l’a perdu, en tentant de le garder. J’avais les larmes aux yeux en entendant Equalis. Je les avais encore hier en rapportant tout à Julie. Je les ai toujours ce soir en écrivant ces lignes. Pendant un instant, Equalis est vraiment devenu le fantôme que je disais, en évoquant devant moi Hieronymus : parce qu’il a la même corpulence que lui, la même taille (l’un et l’autre ayant été coulés dans un moule fabriqué, semble-t-il, pour satisfaire entièrement aux goûts de ma sœur, qui a les mêmes que moi, dans cette délicate matière que sont les garçons), j’avais l’impression d’apercevoir dans celle du présent la silhouette de l’absent. Je ne savais plus si je me sentais attiré par l’un ou par l’autre. J’aurais voulu prendre dans mes bras cette idée du garçon miraculeusement offerte à ma vue, mais on ne touche pas les apparitions. Jamais personne ne m’a dit que j’avais été l’amour de sa vie. Tout au plus a-t-on parfois prétendu m’aimer. Donnons au dernier qui l’ait fait, tout récemment, le nom d’Evelpide. « Pourquoi crois-tu que tu es mon P.C.R. (id est mon plan cul régulier), m’écrivait-il romantiquement, il y a peu ? Parce que je suis amoureux de toi. » Ce jeune homme, qui est un naïf, semblait avoir bon espoir d’être aimé en retour. Hélas, il n’en est rien. Mais je ne veux être contrariant pour personne. C’est pourquoi je lui ai fait cette réponse : « Moi, je ne suis pas amoureux de toi. Mais si tu le souhaites, tu pourras désormais coucher avec moi autant de fois qu’il te plaira, à condition de me payer. » Sa réponse n’a pas tardé : « Tu es sûr que ce dernier message m’était destiné ? – Evidemment, tu ne crois tout de même pas que j’aurais proposé une telle chose à quelqu’un d’autre ? – Ça m’embête un peu de payer pour me faire enculer. Mais c’est d’accord. Peut-on se voir aujourd’hui ? Je te paierai dès que j’aurai reçu ma paye. – Tu me prends pour un idiot ou quoi ? – Ah d’accord ! La confiance règne. Oublie-moi ! Et tu peux effacer mon numéro de ton répertoire. » Alors que depuis deux ou trois années que nous nous connaissons, pas une seule fois c’est moi qui lui ai téléphoné ou envoyé d’SMS le premier ! J’ai bon espoir de faire d’Evelpide la plus jeune de mes pratiques. D’ailleurs, vendredi, en allant chercher ma cargaison hebdomadaire de prospectus, le petit nouveau que j’ai vu sortir du bureau du chef, comme on dit dans le jargon de ce métier qui n’est pas exactement pratiqué par le haut du panier n’était autre que mon Evelpide qui, me suis-je dit, s’était peut-être trouvé ce second travail pour se donner les moyens de ses amours ! Ou si c’est pour mieux subvenir aux besoins du fils que sa femme a récemment mis au monde ? J’ai tout de même été fort contrarié, et même un peu effrayé, de voir sur les lieux du travail que je fais le jour une personne qui a connaissance de celui que j’ai la nuit, travail indigne, d’ailleurs, et que je ne saurais trop déconseiller à nos chères têtes blondes, cela dit pour me mettre en conformité avec la loi : moi vivant, jamais il ne sera fait l’apologie dans ce blogue de ce métier tellement dégradant (quelle honte !) que de tout temps il a été plus pratiqué par des femmes que par des hommes, c’est dire !
03:58 Publié dans 2009, Alfred, Aribaze, Ascagne, Equalis, Evelpide, Hieronymus, Journal, Ma soeur, Osman, Tityre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
10/06/2009
Mardi 9 juin 2009
Voici le rêve que j’ai fait cette nuit : J’apprends que Nicandre s’est tué à moto. Je veux savoir si ce n’est qu’une rumeur ou si c’est vrai. Je me rends d’abord à Saint-Sever, chez Chrysanthe, pour savoir s’il sait ce qu’il en est. Il est furieux de me voir arriver chez lui après dix heures et demie du soir, qui est, selon lui, l’heure après laquelle on ne peut plus venir chez quelqu’un à l’improviste. Il est pourtant loin d’être seul, mais avec sa petite amie et de nombreux amis : je sens bien qu’en réalité, s’il est furieux, c’est parce qu’il ne veut pas qu’on apprenne qu’il a couché avec moi. Je m’excuse et m’en vais. Je vais ensuite chez Alfred, l’ancien amant de ma sœur, où il y a foule. Les gens sont dans une conversation de haute tenue, à laquelle je ne me sens pas capable de prendre part. Je m’éclipse en m’excusant.
03:24 Publié dans 2009, Alfred, Chrysanthe, Journal, Ma soeur, Nicandre, Rêves | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07/06/2009
Dimanche 7 juin 2009
Je suis allé voter cet après-midi pour le vicomte et ses piqueurs, non pas seulement pour le plaisir de la formule, mais aussi contre le Turc, qui est à nos portes, c’est le cas de le dire, puisqu’il veut entrer. Chemin faisant vers le bureau de vote, j’ai croisé Alfred, ci-devant Fred, mais dont le nom dans ce journal jurait trop avec ceux de mes autres personnages. Lui-même répond parfois plaisamment à ceux qui lui disent qu’il faut qu’il s’appelle Frédéric pour être surnommé Fred, que son nom est en réalité Alfred ! C’est donc comme s’il avait lui-même choisi son nouveau pseudonyme dans ces pages. Il vient d’ouvrir au même endroit un nouveau magasin, dans lequel ce sont cette fois ses propres deniers qu’il a investis, ainsi que ceux d’un associé. Il avait installé tout à l’heure près de la mairie un stand dans lequel il vendait des vêtements aux jeunes gens qui étaient fort nombreux sur la place, cet après-midi. Une espèce de concours était en effet organisé, auquel participaient de jeunes skateurs venus apparemment de toute la France. Ces skateurs ont un style capillaire et vestimentaire que je trouve irrésistible. Alfred me disait qu’il y avait encore plus de beaux garçons qu’avant dans sa boutique. Il est donc temps que je reprenne les visites que j’avais pris l’habitude de lui rendre.
22:20 Publié dans Alfred | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note